7) On prend les mêmes – ou presque - et on recommence !

De nature très légèrement abrutie - mais cependant miraculeusement lucide dés lors que ma survie est en jeu - je plonge dans mes souvenirs de rôliste vétérante afin de déterminer salutairement la création la plus adaptée pour remplacer Halaguena la Bardette et éviter – en l’absence d’alliés pour compenser mes dramatiques carences… - une nouvelle défaite honteuse (tout en assurant une vengeance aussi implacable qu’infantile…).

Après avoir un instant hésité entre le Paladin – rejeté pour cause de traumatisme DAoCien après deux ans à me les prendre sur le museau par paquets de douze – et le Barbare – dont le roleplay tendancieusement sauvage et excessif que j’imagine déjà se marierait mal avec la quiétude de touriste qui m’habite ce soir – j’opte pour une simple Guerrière.

Contrairement à Halaguena qui adopte un look désespérément identique depuis belle lurette voire au delà, je tripatouille allègrement le générateur pendant une bonne plombe en usant et abusant des effets, trombines, couleurs et coupes de tifs les plus improbables, avant d’effectuer enfin les pires choix qui soient et de baptiser ma nouvelle victime d’un « Oméga » qui devrait faire flipper l’ennemi grave dans son futal (au moins les premières secondes qui précèdent le rire).

Joyeuse, je sélectionne toutes les compétences passives qui traînent – n’envisageant pas un instant de m’occuper d’autre chose que de cogner basiquement sur mes cibles – et transforme l’engin en ce que j’espère être un foutu Tank défensif à l’ancienne capable d’en prendre pleins le groin le plus longtemps possible même s’il assène des dégâts d’huître neurasthénique.

C’est qu’elle a fière allure, cette Oméga !!!

Bon, son armure actuelle est un peu en rotin, son coiffeur aurait bien besoin d’une paire de lunettes et j’aimerai bien qu’elle possède un bouclier vu que j’ai été assez idiote pour lourdement privilégier cet usage mais on verra bien.

C’est donc d’un pas ferme et résolu que je retourne voir mon vieux pote le tenancier en prenant soin de bien snober tous les noobzors  alentours qui n’ont bien entendu pas le dixième de ma majesté !

Force est de constater que si Halaguena l’artiste en avait chié des ronds de chapeau à latter du Kobold et du nécromancien pas cool, Oméga la Guerrière s’acquitte de la quête du pinard mystérieux avec une efficacité qui n’a d’égal que ma capacité à quand même toujours beaucoup cogner dans le vide.

Un instant, je me demande si c’est le jeu ou si c’est moi qui rate comme ça…

Puis – l’expérience aidant – je me dis que ça doit quand même être moi vu que je n’ai jamais été  fichue de cibler correctement quoi que ce soit avant et qu’il n’y a pas de raison – à moins d’un miracle ou d’une greffe des doigts – pour qu’il en soit autrement ici.

Je me dis aussi que tant qu’Oméga reste debout pour constater que je suis une guenille pur jus, l’efficacité viendra plus tard et que même si ça ne devait pas venir, ce serait finalement pas trop grave vu que j’envisage à terme de servir de sac à viande, pas de moissonneuse à beignes !

C’est vrai quoi : chacun son travail et les points d’expériences et autres loots de-la-mort-qui-tuent-tout seront bien gardés – idéalement par moi !

Forte de ces philosophiques pensées, je retourne voir l’andouille qui m’avait permis de tester la position allongée il n’y a pas si longtemps en me disant que je connais trois enflures de robots d’entraînement moisis qui ont intérêt à avoir une bon garagiste après que j’ai fini de leur régler le moteur…

8) Vengeance !!!

Comme je m’y attendais, le coquin fait mine de ne pas me reconnaître malgré que j’annonce clairement « venir de la part de Halaguena à cause qu’elle était moyennement jouasse de sa dernière visite… ».

Tout en pensant qu’il ne l’emportera pas au parasite, je me rue sur le premier gland en fonte qui se retrouve à pisser de l’huile en trois coups les gros.

Viens le tour de son copain – le malfaisant qui cogne sans bouger les pieds – qui subit le même sort tragique sans être parvenu à me décoiffer.

Concernant le troisième larron, je ne fais pas l’erreur de m’acharner sottement sur la dépouille de son camarade comme la fois précédente et je suis déjà bien campée sur mes panards pour l’accueillir d’un bon coup de marteau sur le chignon quand il s’ébranle dans ma direction.

Même si j’ai bien compris que l’exercice visait à me faire tester mes compétences à l’esquive, je n’en ai cure : trop heureuse de voir sa face de tanche prendre l’aspect d’une armure de Plate Albionaise après une charge de Trolls Midgardiens, je lui lifte consciencieusement la tronche en braillant des insanités vengeresses jusqu’à ce qu’il s’effondre enfin, vaincu !

La démarche chaloupée et l’œil goguenard, je retourne voir cette fourbasse de NPC à l’entrée et - croyez moi sur parole ! - le moqueur n’en mène pas large ! C’est en tremblant qu’il me remet une magnifique récompense que j’accepte avec superbe avant de le quitter non sans l’avoir une dernière fois tancé du haut de ma magnificence.

Un peu plus loin, je me ridiculise habilement en tentant de mener à bien une quête destinée à ces guenilles de lanceurs de sort avant de récidiver tout aussi lamentablement dans la mission honteusement réservée à ces larves de furtifs et pleutres affiliés.

Fort bien donc !
J’ai compris le message !
Puisqu’on ne me propose visiblement plus ici de challenges à la mesure de mes incroyables talents, je me dirige vers un navire en partance pour la « vraie ville » dont les membres du groupe de cette ruine de Halaguena avaient parlé il y a quelques temps.

Le temps de m’arrêter auprès d’un affable marchand à qui j’achète ENFIN un fichu bouclier (genre balsa moisi mais bon…)  – le temps ensuite de trouver le fichu endroit adapté au fichu bouclier dans mon fichu  inventaire… - et je fais voiles, accoudée, pour ne pas dire avachie, au bastingage en constatant que je n’ai toujours pas le pied marin… -  vers la Gloire et la Fortune.

Prochain épisode : Quand on arrive en ville !