5) Enfin un groupe 

Toute à la joie d’avoir rempli ma première mission, je glande tranquillou dans la taverne et je viens juste de rendre sa broche perdue dans les sous-sols ou j’avais remporté mon éclatante victoire à une charmante serveuse lorsque je me retrouve incorporée dans un groupe.

Bon, je vous le concède, j’avais très légèrement tripoté le menu relatif aux groupes juste avant donc je ne suis pas à proprement surprise par l’enrôlement mais le moins qu’on puisse dire est que je n’aurai pas attendu longtemps !

C’est probablement déjà ma renommée suite à mon récent fait d’armes dans la cave toute à l’heure qui explique ce phénomène mais quand même…

Les membres du groupe qui apparaissent devant mes yeux ébahis sous la forme de petites barres colorées sont au nombre de trois. Je m’aperçois d’ailleurs que j’ignore jusqu’à combien de compagnons je peux espérer saouler à l’avenir et décide de me rencarder sur le sujet à l’occasion.

Le premier qui s’adresse a moi est charmant dans son approche et il s’exprime tout à fait admirablement.
Le second utilise un babillage à base de mots étrangement raccourcis où la présence de voyelles semble tenir du miracle – les accents et accords utilisés à bon escient étant visiblement remisés dans une oubliette de son cerveau à jamais inaccessible…
Le troisième, enfin, s’avère être un Albionais !

« Nouvelle venue, Dame Hala ? » s’enquiert le Charmant.
« Bard C naz ! » m’assène le Raccourci.
« Hey there ! » me salue l’Albionais.

Je réponds poliment à mes nouveaux camarades – chaleureuse avec le Charmant et plus à l’aise avec l’Albionais dont je maîtrise fort heureusement le dialecte qu’avec le Raccourci dont les propos me laissent pensive… - et nous entamons une discussion fort agréable même si elle est ponctuée par moment par les étranges borborygmes du Raccourci (« T une meuf en vrè ou bien ? »).

J’apprends alors que mes compagnons se trouvent déjà « en ville » alors que je suis encore « en zone d’initiation ». Bien décidée à prendre mon temps – et peu séduite par les propositions répétées du Raccourci (« Pass sur odio san dèc, jte diré dé trucs de seske, on va s’poualé !!! » ), je les quitte en leur souhaitant bonne chance pour la suite et reprend ma tranquille exploration non sans noter le nom du Charmant pour une collaboration plus tard, sait on jamais.

6) Massacre

Ma ballade suivante m’amène sur la latérale droite de la zone des débutants où je distingue plusieurs portes d’entrées visiblement dédiées à la maîtrise des compétences respectives de chaque classe d’Avatar. J’opte pour la première d’entre elles qui annonce un challenge à la mesure de mes compétences puisqu’il s’agit d’un combat.

Vu la raclée que j’ai mis aux ennemis planqués dans la cave du tavernier, j’en connais qui vont manger chaud, faîtes moi confiance !!!

Une fois entrée, je fais la connaissance d’une personne bien sympathique qui m’explique que je vais pouvoir tester mes talents martiaux et ma capacité à parer les gnons en affrontant trois gros tas de ferraille pour le moins menaçants qui trônent – monumentaux et immobiles – dans le fond de la pièce.

Vu que mon interlocuteur ne daigne pas répondre quand je lui demande s’il n’aurait « pas les mêmes mais en plus petits », je m’avance vers le premier adversaire dont le faciès peu avenant me fait déjà regretter ma décision.

Sotte que j’étais d’hésiter !!!
Je démoule le colosse en quelques coups d’épée bien sentis et m’avance avec assurance sur mon second adversaire, bien décidée à lui faire connaître le même sort.

Ce ballot là ne doit pas être au courrant de mon héroïque réputation puisqu’au lieu de se laisser gentiment coller des mandales, il se rebiffe et parvient même à me blesser sérieusement avant que je ne comprenne qu’il vaut mieux lui tirer dessus avec mon arc à bonne distance vu la grande méchanceté dont il fait preuve à mon égard.

Lorsqu’il s’effondre enfin sous mes flèches tout autant que sous mes hurlements extatiques, je lui colle sournoisement deux ou trois coups de pied dans le derrière pour faire bonne mesure – non sans auparavant m’être assurée qu’il était bien complètement mort quand même…

C’est justement au moment ou je corrige encore l’impudent qui s’était honteusement rebiffé que le troisième salopiot en profite pour me frapper en traître !!! Quel scandale !!! D’autant que non seulement il me frappe mais en plus il bouge, celui là ! Sentant mon nez qui prend  déjà la couleur et la forme d’une tomate trop mûre, je me mets à cavaler dans tous les sens pour éviter les moulinets terriblement douloureux que ce maniaque continue de faire pleuvoir sur mon auguste personne.

Acculée dans un coin de la pièce, j’ai beau lui dire « pouce ! », ce traître sadique abat une fois encore son bras d’acier sur mon chignon bien décoiffé et je fais connaissance avec le statut de macchabée pour la première fois de ma nouvelle et trépidante existence. 

Tandis que je médite sagement à terre, je me dis que la classe de Barde n’est peut être pas la plus adaptée pour commencer quand on est nulle et seule. On m’a bien prévenue de  l’utilité du groupe dans DDO – c’est même LA raison principale qui m’a donnée envie d’essayer – mais puisque mes deux compagnons ne sont pas là pour m’épauler ce soir (et puisqu’il existe des créatures aussi particulières que le Raccourci sus-cité…), je décide de tester autre chose de moins fragile que ma Bardette durant ma soirée d’apprentissage.

La rerollîte étant de toute façon une maladie grave chez moi, autant ne pas bouder mon plaisir surtout que j’ai finalement été bien trop sage concernant le peu de temps que j’ai passé sur le générateur ! Comme dirait un autre tas de ferraille bien connu, « i’ll be back !!! » dans pas longtemps mais avec un truc moins moisi et beaucoup plus apte à balancer les mandales qu’à les recevoir nanmého   !!!

Prochain épisode : On prend les mêmes – ou presque - et on recommence !