Préface

Bonjour à toi gentil lecteur.
Puisque tu me fais l’amitié de me lire, le moins que je puisse faire est déjà de me présenter.
Je suis Halaguena de Montargis, Naine Guérisseuse de petite taille créée il y a quelques années pour le Royaume de DaoC.

Je suis bavarde, enjouée, martialement assez peu douée (d’aucuns taquins diraient même  « carrément nulle à chier »…) et dotée d’un sens de l’orientation très personnel qui me permet de découvrir régulièrement les endroits les plus improbables pendant que mes compagnons attendent plus où moins patiemment que je daigne enfin retrouver mon chemin.

Après deux ans de bons et loyaux services comme Midgardienne sur Brocéliande/DaoC, j’ai sévi deux autres années sur City of Heroes – le monde ou les Héros portent leur slip sur leur pantalon – en incarnant des Avatars aussi particuliers que SadoMaso le Tanker idiot ou Luciole la gentille Défenseuse.

Comme je sentais la lassitude poindre malgré l’ambiance unique des MégaTomtes qui me faisaient l’amitié (et avaient la patience…) de jouer avec moi, je me suis décidée à me lancer dans une nouvelle aventure et DDO m’a semblée être le bon endroit pour ça.

Je me suis lancée hier soir et j’envisage maintenant de vous faire profiter à l’occasion de mes réflexions pas toujours pertinentes en espérant que ces récits vous amuseront. Je ne suis pas une « technicienne » - je préviens… - et le présent texte n’a pour but unique que de vous faire sourire. Si j’y parviens, ce sera ma première victoire dans DDO et ça vaut à mes yeux toute l’or du monde (presque, faut pas abuser non plus…).

Bonne lecture.

1) Installation :

« Ca va durer encore longtemps sans dec’ ?! »

C’est en ces termes fleuris que je m’exprime aux environs de 21 heures hier soir, mon aristocratique museau scrutant une barre de progression qui n’avance pas d’un micro poil depuis déjà plusieurs interminables minutes.

Avouez que ça commence mal cette histoire !

Moi qui avais prévu de retrouver deux gentils camarades pour leur faire profiter pleinement de mes remarquables compétences ludiques, je suis DEJA bloquée par une interface asthmatique qui m’explique qu’elle souhaiterait mettre à jour les données du jeu mais qui demeure pourtant stoïquement immobile à mon grand agacement.

Je contemple – l’œil mauvais – un compteur moqueur qui affiche sereinement un débit de 0,001 Ko et je me dis que si les patchs de DDO sont équivalents à la moyenne des nouveaux jeux, j’ai une chance de pouvoir commencer à m’amuser le jour ou les Nains seront sobres au mieux…

Peu décidée à laisser cette sotte interface fouler au pied ma bonne humeur, je quitte un instant mon antre du second étage et descends  me préparer un breuvage à base de sirop de grenadine, de Gini et d’un fond de truc aux couleurs indéfinissables qui devait déjà traîner dans le frigo durant l’âge d’or de l’Atari ST.

En préparant ma décoction, je me dis que maintenant que l’interface a constaté que je ne la surveillais plus, elle a dû démarrer ! C’est connu, les interfaces sont avant tout motivées par l’envie de gonfler leurs utilisateurs !!! Faute de spectateur à faire enrager, cette fourbasse finira bien par faire ce pour quoi elle a été créée…

Tandis que je remonte les étages qui me séparent de ma capricieuse machine, je croise la personne qui a l’insigne honneur de partager ma vie – et de supporter plutôt benoîtement mes délires MMORPGesques même s’il ne faut pas non plus que je pousse mémère à cause que sinon elle se fâche.

Voyant ma mine déconvenue, c’est en ces termes caustiques qu’elle s’adresse à moi :

« On dirait bien que tu as encore acheté un truc qui ne marche pas ! Vu ta pathologie à toujours tomber sur des produits foireux, tu sais que tu pourrais faire carrière en proposant tes talents de paratonnerre à emmerdements aux développeurs pour leurs tests !!! »

Ignorant superbement l’attaque, je parviens au premier étage ou m’attendaient mes deux Tomtes de six et trois ans habilement tapis en embuscade au lieu d’être au lit comme il se doit. Peu impressionnés par mon regard courroucé, le plus grand du duo me lance avec un grand sourire pleins d’espoir :

« Alors, t’as tué un dragon ? »
« Tatuédagon ? » l’imite approximativement la seconde créature de son babillage étrange qui m’a longtemps fait croire que ce gnome devait être d’obédience chaotique.

Je rétorque avec un sang froid qui n’a d’égal que ma volonté de ne pas avouer au duo rapidement railleur que ça déconne à pleins tubes et que ça commence à me gonfler :

« S’pas vos oignons, les nabots !!! Et si dans deux minutes vous ne retournez pas au dodo, c’est pas un dragon que je vais tuer, croyez moi sur parole ! »

Tandis que les mini-boulets s’enfuient avec la grâce d’un Barbare dansant le menuet, je gravis les dernières marches avec angoisse.
Ma ruse a t’elle fonctionnée ?
Cette saleté d’interface a t’elle ENFIN fait ce pourquoi je l’ai payé pratiquement 50 fichus euros ?!

2) Connexion : 

« Muhahaha j’suis trop balaise !!! »

Voilà la première pensée qui me vient quand je constate que l’écran de connexion a enfin remplacé l’écran du lanceur.

Fébrilement, je tape mon identifiant et mon mot de passe puis je clique sur le bouton qui me permettra de rejoindre mes deux copains qui doivent quand même commencer à trouver le temps un poil long.

Comment ???
Ca ne marche pas ?!

Je contemple – interdite – le bête message qui sous-entendrait que les informations que j’ai soumis à sa sagacité seraient erronées…

« ‘Tain mais nooooooon !!! Maintenant que les mises à jour sont faites, ce fichu programme de contrôle ne va pas s’y mettre sans dec’ ?! »

Je sens qu’une sueur moite angoissée se met à perler sur mon front plissé par l’incompréhension. J’hésite entre massacrer mon innocent clavier ou sauter à pieds joints sur la boite de jeu qui trône – moqueuse – sur le bureau. Je viens de décider de m’en prendre à la boîte quand j’ai l’illumination : LE chiffre !!!

J’ai oublié LE chiffre !!!
C’est tout moi ça !
Vu ma capacité à ne me souvenir de rien, j’utilise le même mot de passe sur tous les MMO – un truc obligatoirement pas trop compliqué des fois que je me connecte dans un état aviné plus ou moins avancé – et j’ai oublié LE chiffre obligatoire dans le mot de passe DDO.

Les mains tremblantes et - j’avoue – en priant tous les Dieux possibles et imaginables, je modifie mon mot de passe et je clique d’une souris décidée sur l’icône de validation.

3) Création :

« Ouèèèèèèèèèèèèèèèèè !!! »

C’était ça !
C’est affreux les habitudes finalement.
Il faudra que je note quelque part qu’il faut ajouter ce foutu chiffre sinon je me connais, je referai la même ânerie la prochaine fois. Bon il faudra ensuite que je me souvienne ou j’ai mis le papier dans le foutoir du bureau aussi. J’aurai qu’à noter aussi ou j’ai mis le papier ou j’ai noté ça tiens !

Maintenant que ce dernier piège a été désamorcé avec brio, je dois sélectionner mon serveur. Le temps d’aller retrouver le mail ou un copain m’indiquait celui ou la communauté francophone avait élue domicile et je suis de retour.

ENFIN, me voici sur l’écran de création des persos.
Une larme nostalgique coule sur ma joue quand je constate que son contenu reflète une partie des standards qui m’ont occupée tant d’années lors des jeux de rôle sur table.

A ce titre, mon nouveau challenge promet d’être complexe : il va me falloir créer un Avatar puis prendre sur moi pour ne pas tester toutes les possibilités visuelles jusqu’à l’aube comme à mon habitude mais VALIDER un choix à un moment donné pour JOUER.

C’est pas gagné.

Sur « City of Heroes », j’avais mis trois jours à sortir du générateur pour me lancer vraiment dans l’aventure…

Je décide de faire preuve pour une fois d’une grande force morale et de ne pas sacrifier aux sirènes du générateur. D’autant que – même s’ils connaissent ma pathologie à glandouiller -  les copains doivent commencer à VRAIMENT s’impatienter maintenant…

J’opte pour une Naine Barde d’obédience chaotique mais bonne.
J’ai toujours été une ruine ultime pour jouer correctement ce type de classe au travail multiple  et finalement bien complexe au vu de mes compétences ludiques mais comme j’appuie mes choix sur la personnalité de l’Avatar et pas sur ses pouvoirs, je serai donc nulle MAIS cohérente.

J’ai conscience que ma race a autant de charisme qu’un pied de tabouret mais vu que  Halaguena sera une artiste qui chante faux, raconte mal les histoires – fussent elles épiques ! – et ne tirant profit de ses victimes que lorsqu’elles craquent et la paient pour qu’elle dégage, le choix me semble judicieux.

Je passe la demi-heure suivante à looker la guenille au mieux – trop heureux de constater qu’une Naine sur DDO correspond enfin à un tonneau sur patte compressé par une presse hydraulique distraite même si je déplore de ne pas pouvoir porter la barbe.

J’attribue plus ou moins n’importe comment mes points de caractéristiques puis passe rapidement sur les compétences afin de doter Hala de trucs probablement peu utiles mais dont les icônes sont agréables à contempler, sélectionne un don au nom prometteur mais à l’effet de toute évidence discutable, renseigne mon nom et mon surnom puis me lance dans l’aventure en poussant un gémissement quasi orgasmique !!!
 
Prochain épisode : premier contact