Chapitre 36 – la Menace Oubliée
 

- C’était juste !!! souffla Antirox en palpant son corps avec attention pour bien vérifier qu’il ne lui manquait pas un morceau.
- M’en parle pas… glapit le Snifouilleur en l’imitant. Quand j’ai plongé dans la porte de lumière qui mène aux Abysses, j’ai eu peur que mes fesses restent dehors !
- Tu n’as pas lâché le Réceptacle au moins ? s’enquit Antirox avec angoisse, imaginant la colère de la Ouikette Goutte s’ils avaient égarés l’Artefact qu’elle avait spécialement créé pour collecter ses fragments.
- Heu… Je ne pense pas… répondit le Snifouilleur en regardant autours de lui avant de pousser un hurlement d’effroi en constatant qu’une bande de Kobolds chafouins se regroupaient déjà autours de l’espèce de carafe en onyx sombre ouvragé posée à même le sol.
- Hé vous là !!! gronda Antirox. Lâchez ce truc immédiatement, c’est à nous !!!
- CaParlerFaceRose… ? siffla une minuscule Kobold Shaman, étonnée de voir ainsi s’exprimer les ex-Ouiks qui avaient pris l’apparence de deux petits Bleus.
- Je savais bien qu’on aurait dû choisir des enveloppes de grosses caillasses… se lamenta le Snifouilleur.
- Ca peut s’arranger !!! gronda méchamment Antirox en s’assurant qu’il n’y avait aucun Midgardien à portée de vue avant d’ordonner à la Shaman : Donne moi cette carafe, vilaine peste !!!
- CaNousTrouver, çaNousGarder ! rétorqua la Voleuse en serrant un peu plus son précieux larcin sur sa poitrine maigrichonne.
- Vivivivivivivivi !!! l’encouragèrent les autres Kobis, les mains sur la garde de leurs armes.
- Assez Blablaté… lança Antirox sans quitter la bande de crapules des yeux. Comment elle a dit que ça s’appelait les trucs qui découpent tout déjà, la Goutte ? >
- Un Sauvage ? proposa le Snifouilleur en tremblant, écœuré à l’avance par ce qui allait suivre. 
- Un Sauvage… Ouiiiiii… Je vais montrer à ces infects gloubios ce qu’il en coûte de s’opposer aux Bébés d’un Dieu !!!


Les Kobolds n’eurent besoin que d’un regard et d’une fraction de seconde pour comprendre que quelque chose de terrible allait se produire. Mais malgré leur extraordinaire agilité, ils se figèrent un instant de trop – juste le temps de comprendre l’impossible quand le frêle Antirox bleu se transforma en un gigantesque Troll équipé des terrifiantes Lames de combat propres aux Sauvages de Midgard. Normalement, ils auraient du être en mesure d’esquiver les attaques mais l’Ex-Ouik, non content de posséder la force titanesque des Trolls, conservait sa stupéfiante célérité Kobi. Avant que la stupeur ne laisse place à la panique, les voleurs gisaient tous dans une marre de sang immonde, leurs petits corps palpitants affreusement mutilés, certains « seulement » horriblement blessés et appelant la mort comme une délivrance.

- Tu… tu aurais pu te contenter de leur reprendre l’Artefact sans leur faire du mal… pleurnichait le Snifouilleur devant l’épouvantable spectacle, essayant d’arracher son regard embué de larmes de celui des pauvres homoncules mourants.
- Je voulais voir si cette combinaison était aussi performante que je le pensais, sourit cruellement Antirox. Les sens d’un Chasseur, la furtivité d’un Assassin et la science du combat d’un Sauvage sans oublier la furie du Berzerker, le tout décuplé par les sorts des shamans et des Prêtres, toutes confessions réunies… Rien ni personne ne nous arrêtera ! Cette plaie de Aèfkabio et ses copains vont salement déguster !!!
- C’est quoi cette lumière étrange sur tes crocs de boucher… s’étrangla le Snifouilleur en désignant la lueur malsaine qui irradiait sourdement des affreuses pièces d’acier.
- Des drains magiques… Un petit plus provenant des redoutables Bogdars… Chacune de mes touches m’approprie la force vitale et mentale des victimes que je frappe… C’est délectable… je les sens en moi, à l’intérieur, qui hurlent d’horreur…
- Antirox… Que sommes nous en train de devenir enfin ??? se rebella un instant l’ancien Ouik. Tu… Tu es CONTENT de faire du mal à ces lutins alors qu’ils ressemblent finalement beaucoup à ce que nous étions…
- Nous avons une mission, Snifouilleur !!! rugit le Troll, les yeux rougeoyant d’une haine démente. Et nous avons le POUVOIR de la mener à bien et de survivre. J’aime cette sensation de puissance… Oh oui… Déchiqueter ces ridicules créatures est encore meilleur qu’un Tripotitripota… Rien qu’à l’idée de retrouver Aèfkabio pour lui administrer le même traitement durcit mon Pyoupyou… J’en veux encore !
- Cette Goutte nous a transformé en Monstres horribles ! Je ne parle pas que de nos apparences, je parle de notre dedans… 
- Cesse de te voiler la face, imbécile : la Goutte n’est qu’un moyen ! La… jouissance que je ressens à faire le Mal n’est pas de son fait. J’ai toujours souhaité être capable d’être méchant mais je n’en avais pas la possibilité ! Contrairement à toi, je ne me mens pas à moi même et j’assume mes pulsions.
- Tu… Tu me fais peur… recula le Snifouilleur en sueur. Par BouyaBouya, tu ne devrais pas parler de cette façon…
- BouyaBouya est MORTE en même temps que notre MONDE !!! Tu le sais aussi bien que moi puisque tu as contribué à sa disparition pour sauver ta misérable existence ! Maintenant il faut que tu comprennes que ta vie passée est révolue ! De proie, tu es devenu prédateur, Snifouilleur. Nos âmes sont damnées pour toujours alors autant prendre du plaisir à utiliser nos nouvelles compétences plutôt qu’à couiner sur un passé à jamais enfui. Snifouilleur… J’ai besoin de savoir si tu es avec moi…
- Sinon quoi ? Tu vas me tuer moi aussi ?
- Oui… Je te tuerai sans l’ombre d’une hésitation ! Très douloureusement !

- J’accepte !
- Hin Hin Hin… ricana horriblement le gigantesque monstre de pierre en dévoilant ses chicots infects. Allons, allons, mon vieux complice… Pense-tu que tu es capable de m’abuser aussi aisément ? Je ne suis plus l’être débile que tu as connu ! Je ne parle plus comme un enfant attardé depuis que j’ai ouvert mon Dedans à la Goutte et que je me suis nourri de son savoir.
- Mais puisque je te dis que j’accepte… supplia le Kobold terrorisé.
- Le changement doit être profond, pleutre ! Et sans espoir de retour ! je préfère me priver d’un allié que de risquer de voir un lâche au cœur tendre m’abandonner au plus fort de la mêlée… Prouve moi que tu as changé ! Identifie toi à la seule race capable de détruire toute vie sans hésiter – y compris en causant sa propre perte !!! Deviens un membre des pires parasites sociopathes qui aient jamais foulés le sol des Royaumes…
- Comment ?
- Transforme toi à ton tour puis mutile ces choses insignifiantes… Achève les de la pire façon qui soit ! Crève leurs yeux et arrache leurs langues ! Ouvre leurs ventres et mange leurs entrailles fumantes ! La suite viendra d’elle même !!!
- Jamais je ne…
- Fais le ! Devant moi. Où je te tue ! MAINTENANT !!!

Sous les regards suppliants de ses futurs victimes, le Snifouilleur se laissa aller, appelant la métamorphose de toutes ses forces à seul fin d’échapper à l’abominable destin qu’il lisait dans les yeux inhumains de son compagnon d’infortune. Il marqua une ultime hésitation, oscillant une toute dernière fois entre sa nature de Ouik et l’horreur absolue qu’il sentait monter en lui, se nourrissant de sa candeur et de sa crainte. Et il se déchaîna, totalement, réduisant ce qu’il restait des Kobolds à une pulpe sanglante méconnaissable. Ce fut Antirox qui le retint enfin alors qu’il portait un nouveau paquet de chair gluante à sa gueule souillée de débris :

- Làààà… C’est terminé… Je sens maintenant que tu es près, Snifouilleur ! Nous voici unis par les liens du sang et de la folie ! Nous avons dépassé cette limite qui empêche les humanoïdes simplement forts en apparence - mais finalement faibles - comme les Nains ou les Lurikeens, incapables qu’ils sont d’assumer ce futur qui pourrait être le leur. Même les Ogres et les Trolls craindront notre absence de scrupules. Même les puissants Elfes fuiront devant notre détermination sans faille. Nous sommes parvenus à transcender nos natures de Ouik. Nous concentrons en nous les pouvoirs de toutes les Méta-races des Royaumes sans supporter leurs faiblesses maintenant que nous avons enfin calqué nos esprits sur le pire prédateur qui soit. Aucune inhibition ne freinera plus nos pulsions et nous ne respecterons ni règle, ni loi. Snifouilleur, mon ami, nous voici enfin devenus… Humains !


Chapitre 37 – Panier de crabes

Le vieux Guerrier n’avait pas été surpris en recevant la convocation magique : le retour de Groboulé, puis sa dérobade incompréhensible alors qu’il faisait route vers la Citadelle secrète de la Confrérie, faisaient enfin sortir les loups du bois. Le moment de vérité était venu. Ce moment maintes fois repoussé où les dirigeants d’une doctrine passéiste et corrompue allaient enfin devoir mettre bas les masques. Tronchaclac n’était pas idiot au point d’ignorer qu’il se mettait en grand péril en se rendant à la réunion. Ses compétences d’Officier de terrain cachaient une nature intelligente et son expérience politique des conflits entre Clans Nains avant de rejoindre la Confrérie lui avaient de tout temps permis d’appréhender les luttes intestines et sournoises qui gangrenaient la société secrète jusque dans ses sphères les plus hautes.

Le Pouvoir !
Le satané Pouvoir qui transformait les alliés d’hier en ennemis implacables et favorisait la trahison et le meurtre.

En tant que Commandeur pour Midgard, il savait qu’il jouissait toujours d’une grande crédibilité auprès des membres les plus humbles. Nul n’ignorait que sans les efforts jamais démentis de ce vieillard irascible et de ses équivalents sur Hibernia et Albion, la Confrérie aurait été détruite depuis longtemps. Pour autant, le Nain n’ignorait pas non plus que la disparition de Groboulé masquait une révélation importante. Jamais le Paladin n’aurait sciemment évité un obstacle sans une excellente raison. La partie qui se jouait était d’importance pour que le Ouik renonce à régler ses comptes avec le Conseil. Il avait du apprendre une nouvelle cruciale pour accepter de différer le face à face avec celui ou celle qui l’avait jadis trahi en le livrant à l’Ordre détesté.

Poursuivant sa progression, le petit barbu fut touché par l’enthousiasme des Gardes qui défendaient l’accès à la cité défendant les souterrains menant au cœur de la Citadelle cachée. Là ou les vétérans le saluaient bruyamment, lui proposant de partager avec eux une bonne bière qu’il devait refuser à son grand regret, les jeunes soldats l’observaient avec déférence – impressionnés par une Légende vivante de cette doctrine millénaire qu’ils avaient juré de défendre. Au fur et à mesure qu’il continuait son avancée, curieux et badauds se bousculaient pour voir le Commandeur, l’acclamant avec enthousiasme.

« Qu’est ce que ça aurait été si tu avais été à ma place, vieux brigand… » sourit avec mélancolie le petit barbu en pensant une fois de plus à Groboulé.

Enfin parvenu devant l’enceinte extérieur de la ville, Tronchaclac fut heureux de constater qu’il comptait encore des alliés de poids lorsqu’une immense Celte aux tatouages effrayants leva des bras épais comme des troncs d’arbre en rugissant d’un ton peu féminin qui scandalisa une partie de la foule qui s’amassait bruyamment vers la grille principale :

- Que le Voile étouffe les oreilles pointues si ce nabot là n’est pas le plus féroce Guerrier qui soit !!!
- Gwenyl O’Cairn… bougonna le Commander en étreignant la redoutable Protectrice pour cacher son trouble, avant de se retrouver soulevé de terre et secoué comme un Luri pris en flagrant délit de larcin.
- AHAHAHAHA !!! Les ans ont profité à ton ventre ou sont ce mes bras qui s’affaiblissent avec le temps, tonneau à houblon sur pattes ?
- Les Celtes n’ont de musclé que la langue, vilaine femelle !!! rétorqua le Nain, feignant la colère. Et repose moi sur mes pieds si tu tiens à conserver ces mains chétives uniquement faites pour repriser les caleçons des vrais Guerriers !!! 

La menace eut tôt fait de produire l’effet désiré et un cercle prudent se forma autours des deux Commandeurs de Royaume. Tronchaclac mit le répit à profit pour entraîner la géante tatouée et franchir l’enceinte sous le salut poli et discret des rudes Firbolgs qui en défendaient l’accès. Enfin au calme, le nain empoigna sa compagne par la ceinture – lui intimant de demeurer silencieuse – et l’entraîna à sa suite vers « le Ménestrel Aphone », une taverne réputée pour son spectacle égrillard et bruyant, idéal pour ce qu’il avait en tête. Effectivement, l’heure avancé permit au fameux duo de s’éclipser discrètement dans une alcôve sombre tant le public était subjugué par les effeuillages lascifs d’une demi-Elfe à l’œil polisson. Une fois les deux premières pintes d’Ale déposées par une serveuse trop afférée pour s’extasier devant de si illustres clients, Tronchaclac fit mine de porter sa chope à sa bouche et demanda doucement :

- Tu es au courant pour Groboulé ?
- Qui ne l’est pas, mon ami ? rétorqua la Celte avec un clin d’œil amusé. Le Conseil est sans dessus dessous depuis qu’il est réapparu pour mieux disparaître alors qu’il faisait route pour leur expliquer les raisons de son extraordinaire retour.
- Des nouvelles de Morgana ? reprit le Nain après une hésitation, faisant référence au troisième Commandeur en charge du Royaume d’Albion.
- Non… Et connaissant cette fichue Moniale, je ne sais pas comment elle va prendre la résurrection de celui dont le trépas lui avait fait embrasser les Ordres. Même si visiblement elle honore son vœux de chasteté autant que toi celui de sobriété, explosa de rire l’Hibernienne. A ce propos, je me suis toujours demandé si toi et elle…

Le borborygme scandalisé du Nain qui s’étouffait douloureusement avec la gorgée de bière qui n’en finissait plus de jaillir par ses narines provoqua une ébauche d’intérêt dans la salle. Heureusement, la Demi-Elfe qui assurait le spectacle dégrafa habilement un pan de sa tunique et l’attention des noceurs se reporta sur elle avec forces hululements bestiaux. Agitée de soubresauts incontrôlables, suite à la réaction de son compagnon, Gwenyl O’Cairn peinait à s’arrêter de glousser et essuyait difficilement ses yeux noyés à grands coups de Tartan à la propreté discutable.

- Bravo pour la discrétion… la tança le Barbu en balayant sa barbe humide d’un revers de manche.
- Je t’ai connu moins émotif… lança innocemment la géante décorée. D’ici à ce que j’ai mis le doigt sur un lourd secret…
- Continue comme ça et c’est pas le doigt que je vais te coller sur le museau, foutue gourgandine aux idées mal placées !!! se renfrogna Tronchaclac avant de reprendre avec un ton grave. Gwen, si Groboulé n’est pas venu jusqu’ici, il y a une bonne raison ! Je l’ai vu avant qu’il n’entame son périple et il était bien décidé à faire la vérité sur cette bataille qui lui avait coûté la vie après que je lui ai confirmé mes doutes concernant ma vision des choses !   
- Une trahison interne ?
- Sans aucun doute ! Je ne peux croire que le Chaos qui a suivi la disparition de notre compagnon soit la seule raison qui ait motivé le Conseil à cantonner les Commandeurs dans leurs Royaumes respectifs. Quelque chose de mauvais se trame dans ces murs… La Confrérie est mourante et pourtant les frileux décideurs qui nous dirigent n’ont pas hésité cette fois ci à nous rappeler tous les trois alors qu’ils nous avaient savamment tenus à l’écart lorsque nos forteresses tombaient entre les mains de l’ennemi l’une après l’autre. Je n’aime pas ça…
- J’ai le même sentiment, vieux ronchon. Mais alors ? Que devions nous faire ? Ignorer l’appel de nos Chefs et ajouter au désordre ?
- Peut être oui… Je n’ai plus confiance dans ces supposés chefs qui n’ont cessé de me mettre des bâtons dans les roues depuis qu’ils ont appris l’existence du dernier Ouik. Ils m’envoient une Novice comme seule aide alors que de la réussite de l’entreprise de cette créature dépend la survie des Royaumes…
- L’Ordre de la Goutte s’est réveillé au même moment et nous avons tous eu fort à faire pour…
- Que nous importe la survivance des miettes de notre puissance passée quand il s’agit de l’avenir du Monde !!! Toutes nos forces vives encore disponibles auraient dû être dédiées à l’assistance de Aèfkabio et mes propres camarades m’obligent à recruter des habitants des Royaumes à la place !!! Crois moi, tout ceci pue la duplicité ! Et finalement, c’était peut être la meilleure chose qui pouvait arriver…
- Si ce que tu dis est exact, mieux vaut en effet que le Ouik soit accompagné par des combattants étrangers.
- Tant d’insouciance est bien la preuve que les crânes Celtes et Nains n’abritent que l’air des montagnes. Au mieux la mousse épaisse consécutive au tirage d’une pinte de bière trop riche…

L’insulte fit lever le nez des deux complices de leurs chopes avec un bel ensemble. La réponse particulièrement verte que s’apprêtait à balancer Tronchaclac à l’arrogante apparition retomba aussi vite que le poing que la Celte destinait à la trombine de l’impudente. Bouche bée, ils restèrent stupidement immobiles devant la frêle silhouette encapuchonnée qui ne put s’empêcher d’ajouter de sa voix chantante héritée de son passé de Ménestrelle :

 - Moi aussi je suis contente de vous revoir, compagnons Commandeurs !!!

Elle avait eu beau s’y préparer, la mince forme drapée fut alors happée et propulsée par dessus la table avant d’être copieusement écrasée entre deux paires de bras puissantes qui étreignaient ses épaules ou sa taille suivant la disposition naturelle de son propriétaire. Lorsqu’elle sentit que la respiration venait à manquer dangereusement, la nouvelle venue balança deux rudes coups de son bâton plombé dissimulé sous sa rude robe de bure qui eurent un effet considérable sur les orteils rencontrés, contribuant à rasseoir gentiment le petit et la grande.

- Cette manie de se tripoter comme de Kobis est insupportable !!! vociféra l’arrivante en attrapant un tabouret avant de se coller entre ses deux vieux complices en les poussant à coups de fesses rageurs.
- Je t’avais bien dit qu’on aurait droit au chapitre sur la tristesse des mœurs Albionaises… rétorqua la tatouée en faisant mine de toucher sa lourde poitrine enchâssée dans le plastron d’écailles. 
- Je note simplement que le temps n’a pas alourdi que ma bedaine et tes biceps ! Les attaques sournoises de ce fourbe postérieur n’ont plus la fermeté d’avant…
- Rhooooooooooooo tu me paieras cette saillie au centuple, Luri à barbe !!! partit à rire l’attaquée en faisant glisser sa lourde capuche d’un coup de tête racé et étudié, dévoilant une coupe à la garçonne auburn qui ne suffisait pas à durcir ses traits parfaits.
- On parlait de toi justement ! lança la Celte avec un sourire en coin en reportant sa chopine à sa bouche.
- Ca explique cet agaçant sifflement que j’avais dans l’oreille en passant la porte de guet, répondit la Bretonne du tac au tac.
- Tu as donc été toi aussi convoquée, Morgana ? s’enquit Tronchaclac plus calmement.
- Non, répondit le Commandeur des Marches d’Albion avec une soudaine gravité.
- Ah ? s’étonna Gwenyl O’Cairn en reposant son godet la bouche de travers. Ben qu’est ce que tu fous là alors ?
- C’est simple ! Je suis venue sauver les têtes vides de deux pauvres abrutis avant que le Conseil ne les fasse planter sur les flèches des tours principales lors de la réunion de demain pour haute trahison !
 

Prochain, épisode : l’Alliance incroyable