Chapitre cinquante cinq : Lady Oméga

- Contre toute attente, les relais ont tenu bon : les boucliers ne sont pas tombés !!! Je ne sais pas comment mais il semblerait que quelqu’un ait modifié les systèmes Maîtres car  les centrales secondaires ont récupéré leur autonomie à l’instant même ou la principale a cessé d’émettre ! déclare Luciole tout en pianotant sur les consoles à la cadence d’une mitrailleuse.
- Sabra… souffle Catherine Thorgal avec un réel soulagement.
- Madame la Directrice, je dois vous dire qu’au vu de l’onde de choc détectée par les censeurs, si le professeur se trouvait encore dans la salle de commandement…
- Allez savoir… sourit mystérieusement la grande blonde à la grande surprise de la jeune promue. Kirby et son groupe ?
- Le rapport transmis par Marada est assez étrange, Madame. Il semblerait que monsieur Kirby ait renvoyé le groupe peu avant la catastrophe et qu’il ait été seul en bas lorsque la Contrôleuse l’a téléporté à la surface, alertée par ses signaux mentaux très alarmants. J’avoue qu’au vu des mesures enregistrées durant l’explosion, je ne sais pas comment il n’a pas été tué sur le coup mais c’est ainsi.
- Notre ami Ravage est un homme pleins de surprise, cette journée nous l’a définitivement prouvés…
- Toujours est il qu’il souffre de grave lésions internes mais qu’il s’en sortira. Nous devrons attendre qu’il sorte du Médi-bloc pour comprendre ce qui s’est réellement passé la dessous.
- Si tant est qu’il nous le dise…
- Madame ?
- Non rien, Officier Luciole. Poursuivez, je vous prie. Quelle est la situation générale dans les autres zones de combat ?
- Nous maintenons la surveillance sur les égouts mais partout ailleurs, l’avancée de nos alliés est un succès. Les franc-tireurs ont repris le contrôle des terminaux de métro et écrasé les différentes factions qui avaient profité du chaos général pour déferler sur les quartiers périphériques. En ce moment même, les Héros indépendants foncent sur Dark Astoria. Le point d’impact énergétique qui a suivi la destruction du module  de contrôle de la centrale principale nous a permis de mettre à jour la présence d’une base secrète gigantesque.
- O’Neil avait raison…
- Il semblerait que oui, Madame. Le brouilleur actif qui gardait ce complexe indétectable est tombé au moment ou la déflagration a été enregistrée et franchement, nous n’avons jamais rien vu de semblable. S’il devait y avoir Invasion, cet endroit en était sans aucun doute le point de départ idéal.
- Les Scanners ont ils révélés la présence de survivants ?
- Au vu des premiers rapports, oui ! Il semblerait même qu’un regroupement important d’entités non répertoriées se déploie en ce moment même dans les niveaux inférieurs.
- Qu’entendez vous par « non répertoriées » ? Une idée plus précises des forces en présence ?
- Les unités Psy font état d’un très grand nombre d’unités qualifiées d’ « organismes Cybernétiques modifiées »…
- Des Creys ?
- Pas exactement. D’après les rapports, il s’agirait de signatures mentales totalement nouvelles. Un mélange techno et magique auquel nous n’avons encore jamais été confrontées.
- Les fameuses Super-Abominations ?
- Probable oui. Mais il nous est impossible d’être plus précis, Madame.
- Et concernant Nathan et son groupe ?
- Impossible à savoir ! Les communications sont rendues inopérantes à cause des parasites consécutifs à la catastrophe. Toujours st il que quoi qu’il y ait là dessous d’humain encore en vie, ils sont confrontés à des créatures titanesques au potentiel de destruction tout à fait terrifiant. Et au vu des destructions de surface consécutives à la catastrophe, je doute que les renforts arrivent à temps pour les tirer de là.
- J’ai tellement douté moi même aujourd’hui que nous pouvons espérer un nouveau miracle lorsque l’on considère que cette ville est toujours debout, ma jeune amie, murmure la directrice de la Hero Corps. Bien que cela me révolte, je dois abandonner le destin de nos héroïques compagnons entre vos mains expertes.
- Mais madame la Directrice, il nous reste encore…
- Luciole… comprenez qu’à peine cette catastrophe évitée, les vautours de la politique sont déjà à l’œuvre : une armée d’avocats aux ordres de la Comtesse Crey est en ce moment même dans les bureau de madame le Maire pour faire état d’une trahison menée par le docteur Giacomo qui aurait engagé les Creys dans ce conflit sans l’aval de la Comtesse.
- Mais c’est complètement faux !!! Cette femme était parfaitement informée et il est évident que…
- Officier Luciole, il inutile de vous emporter concernant un sujet que nous avons dors et déjà perdu… La Crey emploie des dizaines de milliers de personnes en direct et plusieurs centaines par corrélation. Malgré tout ce que nous pouvons penser ou espérer prouver, je sais d’expérience qu’elle ne sera pas inquiétée.
- C’est dégueulasse…
- En effet !
- Des amis sont morts !!!
- Exactement ! Aussi merci de bien vouloir faire tout ce qui est en votre pouvoir pour que d’éventuels survivants miraculeux s’en tirent pendant que je fais mon numéro écœurant avec des gens qui le sont tout autant. 
- C’est injuste, Madame.
- La Justice n’est plus depuis longtemps le fond de commerce de la Hero Corps, jeune fille. Nous faisons respecter la Loi ! Même si elle permet parfois aux méchants et aux félons de s’en tirer indemne, elle reste pour la majorité de nos concitoyens le garant de l’Ordre. Et l’Ordre rassure, même s’il implique finalement une forme d’asservissement liberticide désolant…
- Je comprends pourquoi il y a des Vigilants… provoque Luciole intentionnellement.
- Moi aussi, petite ! Maintenant qu’adviendrait il s’il n’y avait plus QUE des Vigilants déterminant pour le bien de tous qui doit vivre et qui doit mourir ? Combien de temps avant que leur pureté originelle ne se pervertisse et ne devienne une forme d’oppression ? J’ai consacré ma vie à maintenir un équilibre régit par les hommes – tous les hommes – qu’ils soient dotés de Super-Pouvoir ou pas car j’ai appris que l’Enfer était pavé de bonnes intention. La Hero Corps n’est pas un facteur de Justice mais d’équilibre. Y entrer peut être frustrant tant que l’on n’a pas accepté de n’être qu’un poids minuscule dans la grande balance de l’Humanité.
- Je crois que je comprends, Madame…
- J’en suis certaine, Officier Luciole. Mais de vous à moi, sachez qu’à la fin, les Vilains sont toujours punis…
- La Comtesse Crey s’en tirera ! Vous l’avez vous même admis…
- Nous verrons. Dans toute machine – aussi parfaite soit elle – il est des rouages incontrôlables, des électrons libres qui ont dépassé les questions de Bien ou de Mal.
- Là par contre, je ne vous suis pas…
 - Peu importe. Vous comprendrez peut être plus tôt que prévu qu’il arrive que le Paradis enfante des Anges déchus dont les ailes sombres et mortelles finissent un jour par se nimber des lumières de la Vengeance…

Chapitre cinquante six : Roxy

- Il faut retourner les aider !!! gronde Roxy, ses petits poings fermés.
- Ca suffit maintenant Mélanie !!! Tu te tais ! s’emporte MouMouMac à la grande surprise de la gosse en tentant de réprimer la douleur que lui cause son coude brisée.
- Nan mais dis donc… tente la Skull bien que le ton n’y soit plus.
- Kali n’était pas en mesure de transporter les Freakshows et il a du faire des choix. C’est déjà un exploit qu’il soit parvenu à nous emmener avec lui et il va en payer le prix  alors maintenant tu t’écrases et tu cesses de faire ta peste ! prévient le vieux Héros en solidarisant son membre blessé de son mieux sur sa poitrine
- Les choix étaient bons !!! sourit Kalash.
- Très bons ! ajoute Magnum en s’adossant péniblement contre un montant en béton et en se laissant glisser doucement. 

- Tu parles !!! J’en ai rien à faire de ces saletés de Punks mais tout ce que je vois c’est que monsieur O’Neil est resté avec eux et qu’il va y passer. Kali aurait du laisser ces deux là et emmener monsieur O’ Neil, termine la gosse en désignant d’une moue dégouttée les deux mercenaires de Hydra. Déjà, avec un en moins, il ne se serait pas épuisé… se renfrogne la peste en regardant le grand Scraper évanoui au souffle irrégulier et oppressé
- Elle nous aime pas beaucoup la mouflette on dirait… crache la grande brune à la coupe garçonne en remettant de l’ordre dans sa tenue partiellement déchiquetée, détaillant avec attention les vilaines coupures qui lui entaillent tout le coté gauche.
- Moi j’dis… commence son frère.
- …tu la fermes ! termine Mac froidement. Mélanie, installe Kali au mieux s’il te plaît. Et toi, tu ferais mieux de te taire et de me laisser regarder cette sale blessure au ventre au lieu de faire le malin, Magnum.
- C’est bon… sourit péniblement le petit homme. J’en ai vu d’autres…
- Quoi ? s’étrangle Kalash avec angoisse, oubliant du même coup ses cotes à vif. Qu’est ce que tu as, frangin ?
- Ca va, c’est une simple égratignure… grimace le cadet des Hydras.

Mac écarte délicatement les mains poissées de sang que le nabot tient fermement serrées sur son abdomen. Aussitôt, un flot de sang noir et épais s’échappe de la large entaille qui fend le plastron de combat. Le vieux Héros soulève avec une douceur étudiée la plaque abdominale et se mord les lèvres. Le geste n’a pas échappé à la mercenaire qui lui demande dans un sanglot :

- Quoi ? Il va s’en sortir n’est ce pas ? Mac…
- Il a un poumon perforé…
- Et alors ? Si on en a deux, c’est pas pour rien ! s’emporte rageusement Kalash avant de sourire affectueusement à son frère dont le teint vire au gris : T’inquiète, frangin : tu vas t’en tirer ! Tant que je suis là, il ne peut rien t’arriver, tu le sais…
- Dis ça au reste de la famille… se force à rire le blessé avant que la tentative ne se termine dans un étouffement écarlate qui l’étrangle.
- Mag… menace la grande brune avec force, tu vas pas mourir hein ! Tu vas pas me laisser toute seule dit !!! Je n’ai plus que toi moi ! Et je t’aime, petit frère !!! Tu ne PEUX PAS me faire ça, bordel !!!
- Putain… gémit le petit homme avec un rictus cynique. Je vais crever comme un con à cause d’une explosion de merde et elle va encore trouver le moyen de m’engueuler… J’y crois pas…
- On va trouver des médicaments !!! propose Kalash, les yeux fous. C’est une grande base, il y  a FORCEMENT pleins d’infirmeries !!! Il faut chercher, c’est tout ! Dés que Kali sortira du potage, on ira regarder !!!
- Avant de s’évanouir, l’Indien a été clair : s’il a perdu le contact astral avec Nathan avant de nous téléporter un étage en dessous au risque de se tuer, ça n’était pas par héroïsme. Quelque chose arrive et nous devons bouger.
- Magnum ne bougera pas… dit Kalash, les dents soudées. Ca le tuerait. Et je ne l’abandonnerai pas ici. J’ai perdu trois de mes frères aujourd’hui, je n’en perdrai pas un quatrième.

Elle s’agenouille à coté du petit bonhomme qui a perdu conscience et essuie tendrement la mauvaise sueur qui baigne son visage blafard.

- Il a probablement d’autres lésions plus sérieuse aussi, tente Mac en tentant de prendre la jeune Skull mal à l’aise à témoin. Je n’ose même pas regarder… C’est tout déchiqueté… Il y a des morceaux de ferraille partout… Je… je suis désolé…

Un silence de plomb s’abat sur le réduit. Mélanie Kirby regarde avec tristesse la grande mercenaire en pensant à ce qu’elle ferait si c’était Samuel qui baignait dans son sang et elle pose un regard suppliant sur MouMouMac qui lâche dans un soupir fatigué :

- C’est de la folie… Cette pièce n’a même pas d’issue pour s’enfuir…
- Mac… murmure Roxy avec une mine de chien battu.
- Je vais regretter cette décision, je le sais : Kalash reste avec les blessés  pendant que nous allons chercher des médicaments le temps que Kali refasse surface. Mais tu restes à coté de moi, Mélanie ! Et pas d’héroïsme débile hein !!!
- Promis ! exulte la gosse.
- Merci Mac… souffle la Mercenaire en reniflant sans lever la tête.
- Putain mais pourquoi c’est moi qui commande d’ailleurs ?s’emporte le vieux Héros en ouvrant la porte. C’est vrai quoi merde !!! Je n’ai jamais eu l’âme d’un chef. Je suis incapable de prendre une décision rationnelle et je vais tous nous faire tuer.
- Nous avons confiance en toi, Mac ! rosit délicieusement la gamine en lui coulant un regard en biais qui lui arrache un juron bougon.
- Ouais ben j’aimerais avoir la même confiance… Allez viens ! Dépêchons nous ! Et tu restes à coté de moi hein !!!
- Je suis jeune, pas sourde. J’ai déjà promis…
- Oui mais bon… je te connais. Tu es fichue de refaire des bêtises !
- C’est bien pour ça que nous avons tous besoin de toi…

Chapitre cinquante sept : la Maîtresse d’Ecole

- C’est tout ??? s’insurge la Maîtresse en constant que seule une vingtaine de Super-Abominations sortent des cellules annexes épargnées  avant de se regrouper autours d’elle dans le hangar dévasté.
- Ben il reste bien au moins deux cents corps d’Officiers intactes dans les autres pièces mais le transfert s’est interrompu, explique une créature recomposée comme un patchwork à partir de peaux noir et asiatique. Alors les autres macchabées sont vides… Y  a que les enveloppes mais pas de tentateurs dedans… On est tous là, Maîtresse…
- Quelle poisse… Où sont les cinq Ultra-Abominations ?
- Ben… Y en a plus qu’une…
- Ou sont les quatre autres ?
- Parties.
- Comment ça « parties » ?! Des macchabées peuvent pas partir comme ça sans avoir un Tentateur dedans enfin…
- Je sais bien mais elles ne sont plus là… Y en a plus qu’une et elle n’a pas eu le temps de recevoir son hôte alors elle marche pas.
- Admettons ! Plus rien ne m’étonnes de toute façon alors pourquoi pas quatre Ultras qui se tirent à pince sans personne dedans hein…
- J’y suis pour rien moi, Maîtresse… gémit le Tentateur.
- Je sais, je sais… Je suis un peu à cran ces derniers temps… Rien de personnel… Bon… une chance pour que vous occupiez au moins la dernière Ultra-Abo plutôt que de simples Supers ? tente la Vieille avec espoir.
- L’un d’entre nous a essayé…
- Et ?
- Et non. Il est reparti direct à la maison dans d’atroces souffrances. Sans les Magiciens CoT, impossible pour nous solidariser dans les enveloppes, patronne !
 - J’en ai maaaaaaaaaaaaaaaaarre !!! trépigne de fureur la Démone en s’arrachant des poignées de cheveux. Rien ne marche comme ça devrait !!! Il est nul cet Univers ! On fait pleins de bestioles géniales pour tuer tout le monde et c’est que celles en rotin que j’ai ! Je reviendrai plus, na ! Snif… Bon… Comment tu t’appelles toi ?
- Je suis Gargatorgrakignaaaaadraaa’GrrroooooBahhaaaabarr du septième Cercle, Maîtresse.
- Oui bon je vais t’appeler Grobabar, ok ?
- Heu… ben Ok !
- J’aime bien avoir des séides à houspiller alors désigne deux autres Leaders parmi ces quiches et répartissez-vous les effectifs de façon égale.
- Ca risque de poser un problème, Maîtresse : nous sommes tous des Démons Supérieurs et dans le descriptif du poste il est stipulé contractuellement que nous devons tous commander des…
- Y a plus rien à commander et y a plus que des chefs alors on restructure, Grobabar!
- Malgré tout le respect que je vous dois, Maîtresse, le syndicat des Démons Supérieurs risque de considérer que…
- Grobabar … Trouve moi deux  autre Leaders ou je te tue puis je tue ensuite tous les abrutis qui me parlent de syndicat, de droits ou de quoi que ce soit qui m’empêche de me venger de O’Neil et se copains, c’est clair ?
- Limpide, Maîtresse… s’étrangle contre toute attente la montagne de chair blindée qui dépasse la frêle silhouette racornie de cinq bonnes têtes. Par contre… heu… je ne connais pas grand monde ici et j’ai peur que…
- Qui tu connais ?
- Glouio ! répond le multicolore en désignant une Abo monumentale mais dotée d’une affreuse  tête d’enfant trépané qui lui donne un aspect surréaliste et malsain.
- Il a pas l’air d’avoir inventé la Superadine, Glouio…
- Ben… Déjà au naturel, il est limite mais je me demande si le transfert l’a pas très légèrement…
- Bon c’est pas grave ! Ok pour Glouio ! Glouio ?
- Grouik ?! bavouille la tête réduite qui n’a effectivement visiblement pas tout son compte. 
- T’es Chef de groupe !!! annonce la Démone.
- Grouick… acquiesce le promotioné.
- Toi là ! gronde la Maîtresse en apostrophant une Super-Abomination « femme » à la poitrine mutilée de façon monstrueuse pour laisser passer deux canons de mitrailleuse lourde à la place des mamelons. T’es qui ?
- Je m’appelle Brrudihagrr… commence la mocheté.
- Peste soit de cette manie démoniaque de se coller des noms imprononçables… Tu t’appelleras Mauricette à partir de maintenant !
- Ca fait pas très peur, Maîtresse, se renfrogne la rebaptisée.
- T’avais qu’à pas avoir un nom à coucher dehors avec des tickets de logement. Allez les cocos !!! Un groupe avec Grobabar, un autre avec Mauricette et les derniers avec Glouio !!! Et on s’magne les cicatrices, on a un ennemi à massacrer…

Les premières Super-Abominations débouchent dans la salle de contrôle dévastée. Figures de cauchemar absolues, certaines dépassent les trois mètres de haut et irradient une puissance malfaisante et mortelle par tous les pores de leur infâme carcasse : partiellement blindées comme le plus effrayant des Tankers Freakshows, elles arborent des implants Riktis monstrueux et semblent disposer d’une mobilité hallucinante propre au plus véloce des Scrapers. Elle sont la quintessence de l’efficacité mortelle couplant dans une seule entité tous les moyens de destruction les plus effroyables qui soient  : le combattant Ultime. La majorité de ces choses repoussantes s’est déversée dans la pièce toujours plongée dans la fumée et le crépitement des câbles électriques sectionnées à la suite de leurs nouveaux chefs lorsque la Maîtresse fait enfin son apparition en hurlant :

- TROUVEZ LES !!! PAR TOUS LES CERCLES DES ENFERS, TROUVEZ LES !!! RIEN QUE CES DEUX GOGOLS DE SWIPERS NE DOIVENT PAS PASSER INNAPERCUS ALORS TROUVEZ LES !!!

Poings sur les hanches, elle attend en vociférant silencieusement et en pestant, la pointe de sa chaussure cirée tapotant le sol avec agacement.

- Maîtresse, rugit un des Monstres en désignant les corps de Monsieur Social et de Montagne miraculeusement épargné dans un coin et nimbés d’une énergie crépitante. Qu’est ce que je fais de ça ?
- Détruis les !!! lance la Démone sans grand intérêt manifeste.

A l’instant où la Super-Abomination abat son poing de Titanium sur le bouclier qui recouvre  les deux formes prostrées, elle explose en des milliers de morceaux immondes.

- Mouais… se renfrogne la Vieille. On va peut être laisser ces deux là ici alors… Le gros Tanker ne donne plus signe de vie donc on s’en fiche. Par contre, ce fichu Social m’aura vraiment fait chier jusqu’au bout !!!
- Peut être qu’en tirant dessus à distance… propose Grobabar.
- Peut être… Tu veux essayer ? minaude la Démone.
- Ben après ce qu’il vient d’arriver à l’autre là, j’hésite…    
- Il y avait ça à l’entrée… grommelle Mauricette en présentant sa trouvaille terrorisée à bout de bras.
- C’est quoi ça encore ? hurle la Démone en secouant le morceau de Cyborg tout cabossé comme un prunier. Où sont ils tous passés, misérable larve ???
- ME FAITES PAS DE MAL !!! gémit Fifi le cul de jatte, les yeux fous. ON EST DU MÊME COTE !!!
- Du même coté ?sourit sadiquement la Maîtresse. Mais du coté de quoi ? Ma belle Invasion est toute foutue !!! Mon armée a été désintégrée, mes alliées humains aussi et je n’aspire plus qu’à faire payer ce fiasco complet à cette bande d’enfoirés qui en sont la cause avant d’aller me faire à mon tour étriller par mes patrons qui doivent pas être méga jouasse !!! Tu comprends ça, pauvre andouille ???
- Mais fe ne fais pas où ils font  enfin !!! Ils m’ont dépoffé à l’entrée quand le faf a été ouvert !!! Pis f’ai été affomé par l’explofion !!! Fe ne fais rien de pluf par pitié !!!
- Par pitié qu’il dit…glousse la vieille créature horrible. Normalement, l’expression m’amuserait mais vu la catastrophe actuelle, mon sens de l’humour est passablement écorné. Tu ne m’es d’aucune utilité et le temps nous est compté si nous voulons trucider le Contrôleur et ses amis avant qu’ils ne sortent d’ici et ne rejoignent des renforts qui doivent déjà être en route après le barouf qu’ils ont provoqué… Je vais crever ici, je le sais !!! Et ça n’est pas une vingtaine de Super-Abominations aussi destructrices soient elles qui me permettront de redresser la barre. Mais ce sera suffisant pour tuer ces ordures, je m’y engage !!!

L
e visage fermé, la maîtresse laisse tomber le malheureux Crey à terre puis lance aux monstrueuses créatures qui sont massées derrière elle sans même se retourner :

- Chargez-vous de… ça !!!
- ATTENDEZ !!! supplie Fifi en voyant une colossale montagne de chair ravaudée striée de câbles et de composants métalliques se diriger vers lui. Fe peux fous aider à les retroufer !!!
- Comment ? sourit cruellement la Vieille après avoir arrêté la Super-Abomination d’un doigt levé. J’ai été contrainte de redonner son autonomie à l’Aveugle pour commander l’attaque et ce fourbe en a profité pour masquer l’Aura de toutes les créatures vivantes encore présentes dans le complexe. Clair qu’il ne doit pas pouvoir être utile à grand chose d’autre tant qu’il maintiendra le brouillage mais il n’empêche que rien ne transparaît plus en Astral depuis. Alors à moins de fouiller les niveaux un par un…
- Les Swipers !!! glapit Fifi. Vous afez  dit qu’ils étaient accompagnés par des Swipers Freakshow !!!
- Oui et alors ? La couverture Psy est totale et même leurs cervelles de piafs sont protégées.
- Oui mais les Tankers n’auront qu’un feul moyen de fortir d’ifi ! Leur maffe est telle  qu’ils ne peufent efpérer f’échapper autrement qu’en paffant par le puit des élévateurs lourds maintenant que les réseaux électriques font grillés.
- Tous les puits verticaux sont condamnés. Cependant ta remarque concernant ces grosses brutes est pertinente… En dehors de cet accès, y a t’il un autre endroit que des adversaires aussi imposants pourraient emprunter pour s’évader d’ici ?
- Les conduits de refroidiffement thermique !!! s’illumine le morceau de Cyborg. Ils permettaient de fécuriser le cœur du générateur du complexfe mais ils doivent avoir été afféchés après l’explofion. Ils débouffent fur la cote Eft de Thalof…
- Tu vas nous y mener !
- Fous me laifferez la fie fauve enfuite  hein…
- Tu as ma parole ! susurre la Démone.
- Heu ouais mais fe préférerai un truc figné avec du fang et tout pafque là fe…
- Ca peut s’arranger… menace la Momie, une lueur meurtrière dans ses yeux déments. S’ils s’échappaient pendant que nous parlementons, je te transformerai moi même en un tas de pulpe tellement juteux que nous aurons asse de matos pour signer les Pactes pour les trois siècles à venir… 
- Préfenté comme fa… On y fa, on y fa !!! déglutit péniblement le pauvre Fifi avant de désigner l’accès à l’ouest. F’est par là ! Au profain embranfement, on deffend deux nifeaux puis on tombe fur le collecteur prinfipal !
- Bon… réfléchit la Maîtresse. Mauricette et son groupe vont fouiller la zone Est au cas où, Grobabar s’occupe du sud, Glouio qui a vraiment pas l’air étanche, avec moi à l’Ouest pour leur couper la retraite.
- Grouik ! siffle la tête d’épingle.
- Personne prends au Nord ? demande Grobabar qui s’intéresse.
- On en vient de l’accès nord… se lamente la Démone en regrettant déjà son choix dans ses officiers. T’as vu quelqu’un passer ?
- Hihi ah ben oui que j’suis bête alors des fois… tente le Super-maya.
- Hihi oui… ne rigole pas du tout la Vieille en constatant que Mauricette est déjà partie par le sud et en précisant au bord de l’apoplexie : Grobabar… Tu vas à l’Est finalement.
- Comment on reste en contact, Maîtresse ? s’enquiert le Multicoloré.
- Tant que O’Neil foutra le bousin en astral, on reste pas ! Alors les ordres sont simples : je bloque l’accès, vous les trouvez, vous les tuez et je pourrai à nouveau tout coordonner pour qu’on mette un merdier maximum avant d’être renvoyés à la maison !

Chapitre cinquante huit : Montagne

- C’est quoi cet endroit ? demande le grand black en constatant qu’il ne souffre plus et qu’il a retrouvé son apparence d’avant, costume de la Hero Corps compris.
- Le Cœur des Identités, Louis La Salle, répond avec douceur le petit homme fragile qui lui fait face. Je suis Nemo.
- J’étais mort… élude le grand Héros.
- Vous êtes effectivement presque mort, Louis La Salle. C’est d’ailleurs ce qui m’a donné la possibilité de vous arracher à votre enveloppe bien mal en point.
- Qu’est ce que je fais ici ? demande Montagne soupçonneux. Et dîtes Louis ou La Salle mais pas les deux, j’ai l’impression d’être au bahut...
- J’ai une proposition à vous faire… Louis. Selon mes compagnons, j’ai agit de façon malhonnête envers ceux qui m’ont aidé. Je ne peux plus intercéder en leur faveur pour des raisons qui me sont propre mais je veux essayer de réparer les torts que j’ai causé maintenant que j’ai recouvré ma cohérence.
- Je ne comprends rien du tout à ce que vous racontez, mon vieux…
- Et je n’ai plus le temps de vous expliquer, je suis navré, Louis. Je n’ai en fait qu’une question à vous poser : jusqu’où seriez-vous prêt à aller pour sauver vos compagnons ?

Prochainement : Nathan