4) Un Tutorial au pouvoir magique :
Je ne sais pas pour vous mais en ce qui me concerne, ma hantise absolue concernant les MMORPG (et plus généralement les jeux micro d’ailleurs) reste l’interface.

J’ai remarqué – après une vingtaine d’année de passif – que les joueurs se classaient en plus ou moins trois grandes catégories sur le sujet : les Bons, les Moyens et les Nulos dés lors qu’on abordait l’épineux sujet du résultat.

Vous allez me dire que je ne me suis pas foulée avec mes cloisonnement à deux soussous et vous aurez raison. Cependant je vous signale que j’aurai pu aussi parler des Nulos pur jus qui se prennent pour des Bons mais on va pas s’fâcher à s’t’heure quand même…

Pourquoi faut il TOUJOURS que je me la pète en classifiant les gens de façon arbitraire ?
Pour une bonne cause cette fois ci !
Parfaitement !

Regardez les Bons joueurs…
J’entends pas là les mutants à six bras et probablement une vingtaine de doigts par appendice capables de coordonner l’ensemble avec une maestria de chef d’orchestre…
Ils déboulent dans un « Doom-Like » ou vous sévissiez depuis trois ans et vous explosent le carafon après cinq minutes pour peu que vous apparteniez à une des deux autres classes.
C’est très agaçant pour ne pas dire humiliant…

Si on se penche maintenant sur le Moyen qui représente la grande majorité des intervenants, il fait son petit bonhomme de chemin sans pression, s’améliore tranquillou et s’amuse peinard en appréciant ses succès et en apprenant de ses défaites.

Terminons par la guenille enfin…
Je vais pouvoir en parler sans difficulté car j’ai subtilement caché sous l’appellation de Nulos la personne que je connais le mieux et depuis longtemps : moi !
Ben le Nulos souffre quand il joue !
Si, si, pas là peine d’essayer de me consoler car je sais de quoi je parle.
Le Nulos se paume, ne clique que rarement et par inadvertance sur le bon bouton au bon moment, matraque par contre savamment les mauvaises options, cavale à droite quand il devrait partir à gauche et va « coller » un méchant surpuissant alors qu’il pensait sélectionner une pauvre quiche molle.

C’est tout ça parfois un Nulos !
Autant vous dire que les autres joueurs qui acceptent de s’entourer de ce type de profil ne le font que par amitié ou amusement et pas par soucis de rendement quand il s’agit d’un MMORPG…

Et ben permettez moi de vous dire que la Nulos que j’ai été durant un an et demi dans DaoC (pour ne citer que ce jeu) s’est découverte MOINS NULLE pour la première fois de sa vie grâce à l’interface de CoH !

Une fois la folie du Générateur de Costume passé, j’active enfin ma petite Pouyou Pouyou et je me retrouve dans le tutorial.

En une vingtaine de minutes, je parviens à réaliser l’impossible : savoir jouer !
Je me dirige comme une Pro grâce à la géniale carte dynamique, je latte des bestioles avec une maestria telle que je me suis retournée deux fois IRL pour vérifier qu’il n’y avait personne de planqué dans les manches de mon pull en train d’activer mon clavier et surtout je ne reste pas la bouche ouverte comme une conne à me demander ce que mes contacts de mission peuvent bien encore vouloir de moi en priant pour qu’ils ne me forcent pas à mettre la langue.

Amis Héros, ce Tutorial est non seulement le plus génialement pensé qu’il m’ait été donnée de voir mais il s’appuie surtout sur une interface à la simplicité si emprunte de subtilité que toutes les actions deviennent évidentes et carrément naturelles en quelques minutes.

Oui parfaitement « même pour moi » !!!
Nan mais…

J’avais initialement espéré que CoH me permettrait d’incarner une Héroïne capable des mouvements et actions les plus démentiels et c’est exactement ce que je suis en train de vivre. Pas les autres – qui y parvenaient toujours avec un grand naturel – mais MOI !

Moi la Nulos !!!

Et pourtant vous imaginez mon angoisse lors du premier combat vu le passif de looseuse que je me trimballe…
Et bien là, je suis capable de sélectionner la bonne cible sans me gaufrer, de la taper très méchamment et de me mettre hors de portée d’un saut de folie pour lui retataner le chignon une fois mes pouvoirs à nouveau disponibles !

C’est grisant !
C’est inespéré !
Mais c’est un fait !
Je SUIS une SUPER-HEROÏNE à part entière et les dix tonnes de casseroles bouletisantes que je me trimballe depuis deux décennies viennent de disparaître !!!

Planquez vos miches, bandits et méchants !
Fuyez en hurlant, Vilains de tous poils !
Pouyou Pouyou la Scrapper aux épines arrive et ça va péter des bulles car elle est sacrément moins nulle qu’à son habitude !!!

5) Paragon City, me voici !!!

Je n’ai pas évoqué cet aspect pourtant majeur de CoH lors du chapitre dédié au Tutorial car il prend toute son importance lorsqu’on déboule dans le « vrai » jeu mais qu’est ce que c’est joli…

CoH devra probablement son succès à sa jouabilité époustouflante - certes ! – mais aussi à son ambiance graphique et sonore qui rendent l’immersion aussi agréable que totale. Non pas qu’on se trouve confronté à un tour de force visuel révolutionnaire, non. Simplement qu’il y a force détails et sentiment de liberté totale dés les premières secondes.

Lors de mon arrivée à Atlas Plaza, je reste comme une bille pendant une dizaine de minute à juste regarder autour de moi. Je suis grisée sans parvenir vraiment à comprendre pourquoi ce jeu est différent de tous les autres ou j’ai sévi jusqu’ici.
Puis je trouve enfin ce qui distingue si positivement ce nouveau monde…
C’est la première fois que je me trouve dans un MMORPG qui est… vivant.

Comment expliquer clairement ce ressenti qui a déclenché en moi une véritable joie infantile ?

Déjà, l’endroit ou j’apparais est gavé d’autres Super-Héros car il s’agit du lieu ou l’on peut prendre contact avec un des Légendaires personnages de Paragon pour acquérir de nouveaux pouvoirs après avoir passé un niveau d’expérience.
Dés lors, ça grouille de « Masques ».
On pourrait donc penser que c’est la masse qui créé l’effet de vie mais pas du tout : c’est la gestion de la NON ACTIVITE des joueurs en fait.

Quand on ne fait rien dans CoH, notre Avatar adopte des poses et des attitudes d’un naturel bluffant et contribue à dynamiser allègrement les scènes. Lorsqu’on commence à se pencher sur la palanquée d’animations disponibles pour « exprimer » les actions et sentiments de sa création, on en reste d’ailleurs abasourdi.

Vas y que ça lit le journal à droite, que ça joue à « Papier/ciseau/Caillou » à gauche ou que ça pousse des cris de bête en rut devant. Sans parler de ceux qui volent, planent, cavalent, testent leurs pouvoirs ou sautent comme des morbacks shootés au viagra.

C’est incroyable !

Je passe les minutes qui suivent à regarder sous le nez mes futurs compagnons de combat qui discutent ou « emotent » gentiment, s’amusant gentiment de mes applaudissements extatiques et répondant avec bonhomie à mes saluts enthousiastes.

Ce monde ne serait pas QUE vivant ?
Il serait aussi sympathique ?

Une fois ma stupeur passée, je me promène sans but et constate que non content de donner aux personnages que nous incarnons une réelle épaisseur comportementale, CoH ajoute à l’ambiance des NPC dynamiques.

Moi qui ai été habituée à « admettre » que les NPC sont des pauvres hères immobiles et inexpressifs uniquement présents dans le programme à des fins bien définies, j’hallucine en constatant que les trottoirs de Atlas Plaza fourmillent d’habitants qui se baladent, fuient avec des méchants accrochés à leurs basques ou conversent entre eux comme de vieux amis tandis que voitures et camions circulent à bonne allure dans les avenues.

On a l’impression – pour ceux qui ont la chance de connaître – de se retrouver dans un GTA « Vice City » mais en plus beau et en plus « démesuré » et jamais je n’aurai imaginé qu’un jeu Internet parviendrait à me donner ce sentiment de foule si appréciable sans que ma machine ne termine à genoux.

Et pourtant…
Des dizaines de lascars déambulent – joueurs et non-joueurs – avec une fluidité parfaite, menant leur existence tranquillement, renforçant le sentiment que je suis une composante active de ce monde qui l’est tout autant.

Durant un quart d’heure, je ne fais rien d’autre que me promener sans but.
Je me dis que je vais vivre une belle aventure qui deviendra épique dés que j’aurai trouvé des copains pour la partager !

Cependant, et même si j’ai pris confiance dans mon nouveau statut de joueuse moins nulle, j’appréhende d’affronter SEULE quand même plusieurs vilains hors du Tutorial. Mon soucis majeur devient pourtant rapidement évident : je prends conscience que les pauvres badauds sont régulièrement attaqués par des brutes sanguinaires.

Des ados sans défenses sont humiliés en pleine rue et de frêles jeunes femmes sont molestées par des brutes sans pitié tout autour de moi. Il n’y a guère que les hommes d’affaires dont les bandits tentent de subtiliser les attachés-cases qui me laissent de marbre mais j’ai mauvais esprit.

C’est alors que je prends la décision qui va changer ma vie !

Puisque l’interface a été pensée pour ceux qui comme moi ont deux mains gauches, puisque ce monde est aussi beau que vivant, puisque les joueurs qui l’arpentent sont gentils et polis, puisque les NPC sont victimes de cruels sauvages et vivent dans la peur, il est temps pour moi de cesser mon approche attentiste et émerveillée !

Je DOIS révéler au monde ma vraie nature en mettant de coté pour un temps ma très naturelle lâcheté pathologique !!!

Sans (trop) hésiter, je me dirige avec un courage qui m’étonne moi même droit sur trois gougnafiers qui tentent d’arracher son sac à une petite vioque et me lance dans mon premier vrai combat qui contribuera à faire le Pouyou Pouyou la Scrapper la légendaire Super-Héroïne que toutes les Guildes s’arracheront dans un très proche avenir (mais si, mais si…) !!!

Les épines mortelles percent ma peau, me transformant en une terrifiante machine de guerre et je plonge sans hésiter au milieu du trio de crapules tout à son méfait en lançant mon terrible cri de guerre « PWEEEEEEEEEEET !!! »

Prochain épisode : Un emploi du temps sacrément chargé !!!