Cepost est le fruit de mon travail dans le cadre du concours organisé par JoL/GOAportant sur la suite à donner à un texte commun sans excéder 5 500 signes.
Letexte de base est en encadré, ma « création » vient ensuite.
Anoter que la gagnante – Sheanor/Nahrye – est aussi adorable que talentueuse. Jene saurai trop vous conseiller d’aller lire son magnifique texte sur JoL car savictoire est franchement méritée.

___________Texte de Base ___________

L'astrelunaire avait déjà atteint son apogée, mais il n'était toujours pas revenu.
Où pouvait donc être ce maudit éclaireur !
Pas de feu pour se réchauffer, la petite troupe attendait patiemment dans lefroid.

Et voilà que les heures défilaient inexorablement.


La lune dans sa course descendante rejoignait l'horizon, un donjon se découpantdans sa lumière céleste.J'apercevais au loin des soldats sur les remparts,aussi immobiles que des statues, à se demander s'ils ne faisaient pas partiedes fortifications elles-mêmes.

Un juron me tira de ma rêverie, dans le noir une voix rauque mais familièregrommela :
- "Maudit sois-tu de nous faire poireauter dans ce froid glacial ! Quiplus est pour une entreprise folle vouée a l'échec, et sans compter qu'il fautsupporter leur compagnie à ceux-là !"

- "Allons mon ami", rétorquai-je, "tu as connu pire, cesse doncde couiner comme un nourrisson ! Quant à eux... hum... ils nous seront plusqu'utiles dans notre oeuvre, et tu le sais. Et ce n'est pas une petite fraîcheurqui va nous gêner. "

- "Parle pour toi, avec ton épais manteau !", me répondit une voixfluette sortie de nulle part, " Mon armure de cuir se resserre par cefroid ! Ce maudit tailleur va m'entendre d'ailleurs, il m'avait garanti un cuirchaudement doublé d'étoffe : résultat, des heures de pistage passées et je suisgelée !"

Esquissant un sourire, je répondis alors :
- "Hum, ne sont-ce point tes jours de débauche qui en seraient la cause ?Au vu du temps que tu as mis à revenir, je dirais que tu perds ta forme auprofit de tes formes..."

Une boule de neige fut la seule réponse que je reçus alors.

Essayant de me débarrasser de la neige sur mon visage et mon manteau, jem'enquis des renseignements rapportés. L'objectif était proche, à portée demain.
Un regard à mes compagnons d'arme, dans leurs yeux se lisaient l'excitation depasser à l'action, ou peut-être plus simplement l'espoir de réchauffer leursmembres engourdis par le froid.

Les rassemblant autour de moi, j'exposai un rapide plan à voix basse.M'assurant que les instructions sommaires avaient été entendues, je lançai lamarche.
"En Avant, n'oubliez pas notre mission, celle-ci reste prioritaire. Ellecompte sur nous...sur nous tous".

Déjà la nuit s'éclaircissait sur l'horizon, les premières lueurs de l'aube nedevraient plus tarder, et ce léger brouillard matinal ne devrait pas nousgêner.

Soudain, le bruit d'une branche morte qui craque au loin, puis une lueur encontrebas, entre les arbres et les fourrés. Quelque chose ou quelqu'unapprochait...

___________Texte de suite de Halaguena ___________

Immédiatement, les réflexes communs aux vétérans aguerrisfirent merveilles : sans un mot, armes et boucliers étaient levés :nous étions prêts à en découdre.
Un second craquement plus proche ajouta à la tension quipesait sur nous comme une chape de plomb. J’affirmais un peu plus quenécessaire la pression sur la garde de ma lourde épée quand le rire cristallind’Amelia l’Eclaireuse retentit à nouveau :
-« Ce que vous êtes beaux comme ça ! Quel sérieuxmais quelle prestance !!! »
-« Vas tu te taire, pauvre folle ?! » grinça ànouveau mon second - le bougon capitaine Mac Hart. « L’ennemi est enapproche ! »
-« Paix, beau capitaine », reprit la taquine.« Aucun ennemi n’est malhabile à ce point. Il s’agit juste de Marada quirevient. A sa façon… »

La chute d’un corps dans la neige suivi d’un ricanement autimbre charmeur amena un sourire resplendissant sur le visage radieux d’Amelia,l’aînée des jumelles. Mac Hart remballa sa gigantesque Claymore en pestant deplus belle.

-« Tes choix nous feront tuer un jour, Paris. Nousavons besoin de tueuses, tu nous ramènes un duo de pestes effrontées qui secomportent comme des femelles Kobolds !!! »

Ignorant superbement le bougon, Amelia me lança :
-« C’est ici, Commandeur ! Nous avons vu Drax. Maisil n’est pas seul… Dame Fabiola est décidément une sorcière remarquable et savision était exacte… Dommage que le Conseil d’Albion n’ait pas eu saclairvoyance en appuyant ses dires.
-« Il n’y a donc aucune activité magique dans cetteforteresse ?! Mais comment un tel phénomène est il possible ? Lesfocus magiques sont une dominante même des Royaumes et nul n’est assez puissantpour en interrompre le flux. »
-« Drax n’est pas de notre monde, CommandeurParis ! » intervint doucement le frère Amlin sans que je l’entendeapprocher. « Il a utilisé cette forteresse bâtie sur un nœudd’énergie pour créer une brèche négative entre les Abysses et la surface quivide lentement nos reliques de leur énergie magique pour la transférer dans sonunivers. Une chose est certaine: il doit être arrêté cette nuit sinon désdemain, les hordes infernales du continent souterrain alliées à nos ennemisataviques déferleront sur les Royaumes. Et sans magie, nous ne les arrêteronspas. »
-« Alors allons sauver notre monde ou au moins mourrons enessayant ! »

Le souterrain découvert par les furtives fut rapidementdégagé et ma petite troupe s’engagea dans le boyau humide et glacial de cechâteau abandonné des montagnes des Highlands. Nos chances de réussites étaientnulles mais je m’en étais ouvert à tous mes compagnons avant le départ.
Jadis, quand Camelot régnait avec Sagesse sous labienveillance éclairée du Roi Unique, c’est une armée innombrable qui seraitvenu défaire ce péril sans égal.
Aujourd’hui, c’est une poignée de valeureux qui rampait dansun égout oublié pour tenter de préserver un Royaume déliquescent rongé par laduplicité et les intrigues…

Lorsque nous parvînmes enfin dans le large collecteur quidébouchait à la surface, nous découvrîmes l’ennemi massé dans l’enceinte. Nousétions quatorze combattants cuirassés épaulés par un Moine. J’avais renvoyé lesjeunes sœurs, considérant leur tâche accomplie et leur présence maintenant bieninutile. Aucun enchantement ne renforcerait notre bras cette fois. Aucun Clercne soignerait nos blessures.  Et c’estplusieurs centaines de redoutables Pictes qui nous séparaient encore de notreobjectif.
Regardant dans les yeux ceux qui étaient venus mourir avecmoi dans un endroit oublié du monde, je m’adressais à eux d’une voixforte :

-« Au centre de cette cour se trouve le donjon qui abriteun escalier. En bas de cet escalier réside le but de notre quête : uncristal noir unique qui prive lentement notre Royaume de ses pouvoirs. Il doitêtre détruit ! Il n’y aura pas de plan de bataille. Nous allonsentrer dans cette cour l’épée à la main et nous frayer un chemin jusqu’en bas.»

Je me retournais sans rien ajouter et poussais la lourdegrille d’airain avant de pénétrer dans la cour et de m’avancer droit surl’armée Picte médusée. Dix, vingt, cinquante gorges hurlèrent leur haine duchevalier honnis et les redoutables guerriers sauvages se ruèrent sur moi quanddeux boucliers interceptèrent le choc. Les Fer-Vétus cuirassés étaient entrésdans la danse et faisaient merveille. Nous nous enfoncions dans la massecompacte comme le couteau du boucher dans une pièce de viande. Le pire ennemides Pictes restait leur propre nombre qui les gênait dans cet espace clos.
Alors, faisant fi des pertes, ils se déchaînèrent,compensant la légèreté de leur équipement par la rage viscérale que nous leurinspirions. Vagues après vagues, ils venaient se briser sur les boucliers etleurs armes de bronze se fracassaient sur nos armures d’acier.
Et toujours j’avançais.
J’arrivais enfin à la porte du Donjon que j’ouvris d’uneterrible bourrade, dévoilant l’escalier.
Nous y étions arrivés !
Je me retournais pour organiser la descente mais constataisavec horreur que j’étais le dernier survivant.
Déjà, les rangs des Pictes se resserraient.
Je ne pourrais pas défendre l’accès et descendre détruire leCristal.
J’avais échoué.
Le désespoir me frappait pire que des haches ennemieslorsque deux voix surgirent du néant.
-Tu défends, on descend, beau Paladin ! ricanait Amelia.

Bénissant le courage et l’absence de discipline des jeunesBretonnes dont les pas s’éloignaient déjà, je poussais un joyeux hurlement detriomphe avant de charger pour la dernière fois l’ennemi médusé.