L’état d’esprit de la Kobi abandonnée dans la forêt
Contribua à sa survie : la haine remplace une bonne épée !
Elle disputa son territoire avec une telle folie furieuse
Que les créatures le plus noires en vinrent à redouter la Chieuse.

Pourtant elle n’était pas contente, la peste étant – c’est surprenant –
Bien des choses mais pas soloteuse. L’ennui la gagnait doucement…
Elle s’entraînait comme une démente mais les journées duraient longtemps.
Quoi de pire pour une emmerdeuse que d’être seule et loin des gens ?

Sa science des armes et de l’esquive étaient parfaitement maîtrisées.
Lorsque ses compétences furtives furent aussi à leur apogée,
Elle décida qu’il était temps de visiter la capitale,
Jordheim étant pour les méchants - paraît il - le lieu idéal.

Parvenue dans la discrétion devant la porte principale
Elle fut vertement refoulée par des gardes très désagréables.
« les Kobolds on en a assez, c’est une engeance détestable !!! »
scandait la foule avec passion. Chieuse demeurait imperturbable.
 
Probablement plus habitués à humilier les petits Bleus
Qu’à les craindre, ils se rapprochaient : le nombre rend les gens courageux.
Lorsque le cercle se referma sur la minuscule silhouette,
Un des gardes les encouragea. Un lynchage, c’est un peu une fête !

Le premier cri qui retentit les transforma en bêtes sauvages.
Ca tourna vite à l’hystérie quand le sang teinta le dallage.
La première tête décapitée par contre réfréna les ardeurs…
Si le geste eut pu amuser, elle n’avait pas la bonne couleur !!!

Une pluie de membres tranchés se mit à jaillir dans les airs.
La foule pleurait pour s‘échapper, la peur remplaçait la colère.
Les sentinelles s’avancèrent pour comprendre ce qui se passait.
Ils en restèrent le cul par terre : la kobi n’avait pas bougé.

Lorsque la petite créature fit retomber son capuchon,
Ses yeux annonçaient un futur qui les glaça jusqu’au tréfonds.
Ils se regardèrent stupidement et s’écartèrent avec frayeur
Du passage de cet ouragan qui s’engouffra à l’intérieur.

Chieuse Grave n’était pas courageuse malgré son exploit radical.
Sa nature profonde la poussait à être aussi lâche que fuyante.
Mais pour la transformer en tueuse, acculez la et c’est fatal !
D’une petite chose qui tremblotait vous ferez la pire des combattantes.

Flânant dans la rue principale, grisée par les bruits, les odeurs,
Elle vivait un bonheur total, déambulant jusqu’à pas d’heure.
Même la nuit ne tempéra pas sa soif de réveiller ses sens
Après tout ce temps dans les bois. Elle savourait sa renaissance.

Lorsqu’elle rechercha un moyen pour assurer sa subsistance,
La tâche s’avéra difficile à cause de l’image de sa race…
« Les Kobolds sont tous des vauriens !!! » lui répondait on en substance.
Elle vola donc les imbéciles avec agilité et classe.

Sa réputation de tire-laine devint un gage de qualité
Mais lui attira des problèmes avec les Guildes structurées.
Elle écharpa avec brio les meurtriers qu’ils envoyèrent
Mais savait qu’elle risquait sa peau et ne pourrait pas les défaire.

Un groupe d’aventuriers partait le lendemain pour un donjon.
Elle rassembla tous ses effets et, jouant de sa réputation,
Rejoignit cette bande miteuse composée d’étranges compagnons,
Parmi eux une jeune Guérisseuse, Halaguena était son nom.