Barik était un bon guerrier mais pas vraiment une famille
Pour la petite mocheté car quitte à élever une fille
Il l’aurait préféré barbue comme toute naine se doit de l’être.
I faudrait trouver une tribu qui élève l’horrible petit être.

Il essaya de refiler la chose hurlante à sa frangine…
Elle ne s’en laissa pas compter et lui renvoya la gamine !
Il essaya cousins, cousines, tantes et nièces, tous y passèrent
Mais aucun n’aimait l’origine du bleu poison… Ce fut l’enfer !

Lorsque Barik a débarqué durant une bataille effrayante
Avec la teigne mal sanglée dans son dos, à moitié pendante,
Ses compagnons se demandèrent s’il n’avait pas trop picolé
Mais vite ils s’en félicitèrent car le combat fut emporté.

La réputation du furieux trimbalant un bébé kobi
Qui avait le pouvoir des Dieux et qu’aucune arme n’avait meurtri
Galvanisa tous les clans Nains si bien qu’ils repartirent en guerre
Et repoussèrent tous les humains qui avaient envahi leurs terres.

Cette reconquête historique avait pour un nain peu d’attrait…
Je parle bien sur de Barik qui portait toujours son boulet.
Lui qui espérait secrètement que l’ennemi trouerait sa panse
Devenait un héros vivant lié pour toujours à cette engeance.

Il avait pourtant essayé toute les techniques pour qu’elle soit tuée
Allant même jusqu’à la ficeler sur son lourd bouclier d’acier.
Mais ses adversaires, éberlués, fuyaient ce truc gesticulant.
La peur des armes ensorcelées fait reculer les plus vaillants !

Les nains ont plus une politique de défense que d’invasion.
Une fois leurs frontières assurées les armes restèrent dans les maisons
Au grand malheur de Barik qui n’était pas un artisan.
La paix n’apporte pas la gaieté quand on est juste un combattant.

A cause de ce désœuvrement, le légendaire se mit à boire
Tentant parfois maladroitement d’étrangler une Chieuse Hilare
Qui trouvait ses déhanchements plus tordants qu’une bonne histoire.
La bleue, doucement mais sûrement, gagnait en force et en savoir…

Quand on retrouva un matin Barik noyé dans son écuelle
On mis ça sur le compte du vin, une sorte de mort naturelle...
Si les nains avaient regardé les entrailles de leur compagnon  
Nul doute qu’ils y auraient trouvé des traces massives de poison.

Son tuteur ayant trépassé, il fallait recaser la Chieuse.
Même si elle était légendaire, sa flemme l’était tout autant.
Les familles n’étaient pas pressées d’accueillir une paresseuse
Incapable de fondre le fer ou de tailler un beau diamant.

C’est sur une injonction du Roi que la Kobi fut imposée
Dans une des pires familles qui soit qui accueillait les délaissés,
Les orphelins et les fugueurs, mais uniquement pour de l’argent
Leur imposant par la terreur le respect dû à des tyrans.

Chieuse était encore une gosse mais elle était très endurcie.
Ni les coups, les beignes ou les bosses ne faisaient plier la Kobi.
Les méchants nains qui l’adoptèrent pensaient qu’ils allaient la briser
Autant vous dire qu’ils déchantèrent : ils finirent par se suicider…

Le peuple nain est assez fruste et facilement impressionné
Car aucune arme ne peut parer les mauvais sort et la déveine.  
Avec Chieuse ils ne furent pas justes : ils la bannirent malgré les faits
Attestant qu’elle se défendait. Ca ne fit qu’attiser sa haine…