Analyse subjective des classes de Midgard : Le Guérisseur (fin)

6) Le Guérisseur en RvR ou « Oh oui encore !!! Donne moi des grands coups !!!
Le jeu subtil du Guérisseur contre les Mobs n’aura que peu de points communs avec la stratégie qu’il emploiera contre des ennemis « humains ».

De fait, les monstres sont plutôt limités tactiquement (celui qui vient de beugler « Les Albs aussi !!! » merci de sortir en refermant bien la porte STP) et il n’est pas difficile de les abuser avec un peu d’expérience (celui qui parle « d’abuser profondément les petites Elfes » tu sors aussi, mon grand !).

Concédons qu’en baston acharnée contre les autres royaumes, il ne fait pas bon être Guérisseur

Ma première sortie en RvR avec les « grands » m’avait un poil traumatisée et je m’en vais vous en narrer la raison.

Passons très rapidement sur le malheureux épisode ou je prends par habitude mon collier en direction de Vaux au lieu de celui destiné à me rendre sur le royaume approprié et passons sous silence les beuglements bestiaux de mes compagnons se demandant s’ils n’ont pas abusé de la bière pour se « trimballer un Boulet pareil »…

J’arrive enfin avec quelques autres retardataires (bindés à « Tomté les perpètes » ou pensant naïvement que le collier de téléportation se met tout seul sur leur cou) sous les quolibets justifiés des Mids déjà présents.
 
Nous sommes en terre d’Albion

Les groupes se forment et s’équilibrent pour optimiser au mieux nos forces.
Pour la petite noob que je suis, la tension est palpable et l’organisation se poursuit dans l’ordre et le calme à un point tel que je me demande si je suis bien entourée de Midgardiens

Les chefs de groupe s’entendent sur l’objectif, un canal de discussion générale est mis en place, les classes de soutien buffent consciencieusement les troupes et Chasseurs et Assassins partent en avant reconnaître le terrain.

Franchement rien à voir avec le joyeux merdier des Vaux auxquels je suis habituée jusqu’alors et je me tiens à carreau toute penaude

Les Chroniques aidant, je suis présentée comme une espèce de « journaliste » par les hauts levels qui ont eu la gentillesse de m’emmener.
L’accueil est (globalement) sympathique et cordial malgré mon niveau pitoyable.

Par contre, certains joueurs de level 35/40 qui avaient pour projet de se joindre à la fête sont abruptement éconduis par les chefs de groupe qui sont en « sortie Alliance » (j’apprends salutairement que mon périmètre de famille ne se limite donc pas à ma Guilde et je reprends conscience – si besoin était – de ma noobitude bien vivante…).

En gros, ça rigole pas !
Enfin ça rigole pas…

C’est Midgard quand même alors le CC Amis est ponctué sporadiquement d’imbécillités Vikings plus ou moins scatologiques, de « çanous… » Kobis tordants et autres « PWEEEEEET » Trolls récurrents

Seuls les Nains, comme à leur habitude, affichent une majesté superbe pleine de retenue
(Non j’ai pas enjolivé… Oui je le jure ! Parfaitement ! Je le jure même sur la tête de Chieuse Grave tiens !!! Comment ça « ça vaut pas !!! » Mais heuu…)

C’est un choc pour moi car je découvre un royaume « ennemi » pour la première fois.

Je me fends stupidement sur le CC Amis d’un « Whao, c’est vachement beau » très diversement apprécié et je prends ainsi conscience du manque de respect détestable de certains Midgardiens de haut niveau.

Moi qui imaginais bêtement que les insultes ordurières anti-royaumes étaient l’apanage des petits levels des Vaux et qu’avec l’expérience venaient  sagesse et considération…

Ah ben oui je suis spé « tu rêves des genoux ma pauvre fille » aussi parfois !

Un peu refroidie, je demande à mon groupe des éclaircissements sur cette méchanceté hargneuse, espérant que l’explication ne peut venir que d’un « role-play » un peu trop enthousiaste.
Amusés par tant de candeur, mes amis me rétorquent que concernant les andouilles qui m’ont sauvagement poutrée, le RP n’a rien à voir et qu’ils sont simplement « plus cons que des mollusques ».
On ajoute devant mon silence soudain – preuve incontestable en RvR comme ailleurs d’une grande perplexité chez moi – qu’ils « assurent en baston autant qu’ils sont cons ».

Je suis pleinement rassurée sur l’issue de l’affrontement à venir et je plains franchement l’ennemi qui va se faire minablement écraser par ces véritables terreurs si mes amis du groupe n’ont pas exagéré…

Skalds en tête, nous démarrons notre périple stickés les uns aux autres comme des moules à un rocher et c’est parti !

Au détours d’un vallon, notre petit train Midgardien fait soudain face à un petit train Albionais.

Une personne étrangère à DaoC a qui on relaterait ce très ferroviaire dilemme proposerait à juste titre que les petits trains se croisent

Un Daocien normalement constitué enfourne du charbon dans la loco – en l’occurrence botte allègrement le popotin de son Skald préféré – et fonce sur l’ennemi avec l’enthousiasme d’une familles de morpions SDF avisant un Valkyn guenilleux en approche incertaine.

Et le résultat est franchement impressionnant !!!
Et à posteriori très flippant si l’on est Guérisseur

Moi qui pensait – pauvre sotte ! - que le RvR inter-royaumes était comparable aux Vaux en plus vaste avec simplement des persos plus puissants, j’en suis vraiment pour mes frais !

Nos classes de soutien sont immédiatement identifiées et rushées alors que nos classes de CàC foncent de la même façon sur les leurs.
Les mezzs se croisent, les sorts les plus variés partent dans tous les sens et c’est affolant tellement ça va vite.
Moi par contre, je ne sais pas trop quoi faire tiraillée que je suis entre assister passivement à l’affrontement ou enfin me dépêtrer de mes barres de macros aussi adaptées au RvR qu’une  Firbolg en Bikini au concours de Miss DaoC.

Heureusement, un aimable Chevalier bardé de fer et si violet pour moi qu’il en est aveuglant atténue ma fébrilité alors que je viens de balancer mon premier sort de soin.
Il traverse la mêlée et passe à coté de cibles immobilisés – toutes classes confondues – sans leur accorder plus d’importance qu’un Troll à un porte-savon pour foncer en droite ligne sur moi.
Malgré l’intervention d’un Thane surgi de nul part, il me balance deux terribles coups dans la tête qui me permettent enfin, confortablement allongée que je suis maintenant, de profiter pleinement du spectacle sans me poser de question, avant de s’effondrer à son tour sur ma carcasse.

Je me demande franchement ce qui a bien pu pousser ce taré sadique à me taper dessus alors que je suis toute petite et qu’il ne manquait pas d’adversaires à sa taille pour passer sa hargne ?!

La réponse me sera donnée un peu plus tard…

Malgré le poids de l’armure de Plate de mon lâche agresseur confortablement vautré sur moi, je me concentre sur le carnage.
Et plus spécialement sur les Guérisseurs, histoire de voir à quelle sauce je serai mangée quand je serai grande et – pourquoi pas – m’inspirer au mieux des actions de ces respectables vétérans.

Ca chauffe de partout mais alors eux, qu’est ce qu’ils ramassent !!!

Des tanks sont restés en protection autours et on fort à faire pour se débarrasser des kamikazes qui s’acharnent sur leurs très pacifiques cibles et qui encaissent plus de projectiles dans la face qu’un politicien véreux (pléonasme) à un jeu de massacre.

Alors que la bataille semble toujours incertaine et équilibrée pour la noob que je suis, certains  Albionais commencent à refluer et les Midgardiens les rushent de plus belle.

Quelques courageux chevaliers font front pour ralentir la charge.
Ils se font tailler en pièces sur place sans reculer d’un pouce et les Mids cavalent après les fuyards qui se dispersent dans la plus grande confusion.

La bataille est donc gagnée mais le bilan que j’en fais est mitigé : sur les six Guérisseurs engagés, un seul est toujours debout alors que globalement les pertes Mids ne sont pas très lourdes.
Le constat est identique concernant les Chamans

Je comprends – et on me confirme – que les « mezzeurs / soigneurs » sont LA priorité en terme de cible à abattre.

Même une pathétique minus comme moi…

Je suis plutôt refroidie (au figuré cette fois, on m’a remise d’aplomb…) et pense que je me suis trompée de vocation car je n’ai pas pour habitude avec ces crétins de Mobs d’être une cible puisque je passe justement le plus clair de mon temps à faire mon travail tout en évitant  l’agro.

Mon soucis reste que doser habilement mes soins en RvR n’évitera pas qu’on m’attaque.
Mes compétences à mezzer une race de monstre dans 90% des cas devient ici beaucoup plus incertaine puisqu’elle est fonction des compétences et résistances de CHACUN de mes futurs adversaires.

Le RvR avec les grands c’est pô cool…

7) Le respect du Garde du corps
Avant cet épisode, je détestais très cordialement les Thanes.
Je n’en faisais par état mais j’estimais qu’il s’agissait d’une Classe plus proche de la Secte des Abrutis Ultimes dont la seule utilité réelle et discutable était de me rendre folle avec leur propension idiote à casser mes mezzs à coups de marteau et à taper ensuite comme des quiches…

Concernant les Guerriers, je les apparentais à des gros balourds affublés d’un cul de plomb et dont l’unique intérêt était d’encaisser des gnons aussi bêtement qu’efficacement, m’évitant ainsi de trop gaspiller mes sorts de soin.

Coté « tank », faisons simple : je ne jurais que par le Zerk et le Skald !!!

Après ma « vraie sortie en RvR », j’ai pris conscience de ma grande stupidité et j’ai eu honte de mon passif mais très injustifié mépris…

Autant en PvM le Guérisseur peut espérer se tirer des pires embrouilles dés lors qu’il est correctement équipé et bien informé sur les monstres qu’il combat, autant en RvR il va pleurer sa race s’il ne dispose pas de la protection d’un porteur de bouclier aguerri.

Le Guérisseur attend des autres – de TOUS les autres – du respect et de la reconnaissance car il s’estime le dernier garant de la survie du groupe.
Parfois, ça lui monte un peu au chignon et je pense qu’une petite escarmouche en RvR est un bon moyen de remettre les pendules à l’heure si d’aventure cette « melonite » se développait…

En effet, peu importe que le Guérisseur dispose dans son groupe des meilleurs spécialistes du CàC, des plus vicieux et habiles furtifs ou des plus puissants prêtres de tout Midgard s’il n’est pas assisté par un garde du corps

Lorsque la boucherie commence, le Guérisseur peut bien tenter de se mettre frileusement en retrait pour soigner tranquillement vu qu’il dispose d’une portée incantatoire très confortable, l’ennemi le rushera à la seconde ou il sera repéré.
Et le tuera quelque soit le prix à payer pour y parvenir…

Sauf si un bouclier se dresse entre lui et l’ennemi car non seulement le Guérisseur voit ses chances de rester en vie se confirmer mais surtout il peut espérer - une fois bien protégé - continuer à incanter…

La nuance est de taille car il y a peu de différence entre un Guérisseur mort et un Guérisseur qui se bat pour survivre au lieu d’assister ceux qui comptaient sur lui.

Je disais que le rôle du Guérisseur était complexe et stressant de par son puissant potentiel.
Et bien le rôle de Garde du corps est pire en fait.

Il est ingrat

Alors que les copains se fendent la gueule ou se la font fendre en bastonnant joyeusement, il attend – monolithique et puissant – qu’un possible adversaire vienne essayer de mettre à mal ceux qu’il a juré de protéger.

Parfois l’attente s’avèrera inutile car la horde des excités de la hache et des Prêtres conjugués vont habilement balayer l’adversaire.
C’est probablement un peu frustrant pour le Bouclier des voir ses amis se congratuler bruyamment sans avoir activement pris part à la bagarre pour NOUS assister « au cas où ».

Après les avoir si longtemps iniquement déconsidérés, je me devais de signifier aux porteurs de Bouclier combien leur rôle est primordial et apprécié par les petites choses fragiles que nous sommes.

J’applique la même logique pleine de gratitude à tous les Assassins qui nous protègent de leurs sournois homologues au lieu de partir « oneshoter » un mago en goguette.

Ces Midgardiens qui refrènent leur naturel instinct de rusheur fou pour nous permettre de travailler plus sereinement sont autant digne d’amitié que de respect.

Et je tenais simplement à leur rendre hommage…

8) Un monument de mauvaise fois ou le syndrome du « pas grave »
A mesure que les chapitres s’accumulent, les « non-guérisseurs » doivent commencer à se dire « pauvre Guérisseur, si puissant et si faible à la fois… Que de pression il supporte pour nous, il faut les aimer et surtout le leur dire ! »

Ca, c’est la versions « non-guérisseur » positif et bon esprit et je la supporte à 100%.

Cependant, dans un soucis  d’équité, j’ai aussi demandé à Chieuse Grave la Kobi Venomblade qui déteste tout ce qui n’est pas elle de me dire ce qu’elle pensait des Guérisseurs.

Sa réponse fut aussi spontanée que concise : « C’est rien que des gros baratineurs ! »

Alors que je finissais de la talocher fermement pour sa carence argumentaire flagrante, Halasparta la Guerrière Naine – notre soeur Cadette – s’est curieusement faite écho de Chieuse alors qu’elle est de nature habituellement à plutôt m’aider à la corriger salutairement.

Je me suis mise à cogner un peu moins fort sur la nuisible pour un temps car ma curiosité était piquée et qu’il importait pour garantir une impartialité indiscutable dans ce document qui deviendra LA référence absolue des Guérisseurs (sic), d’avoir aussi un avis discordant.

Fut il celui de Chieuse

Halaguena qui secoue Chieuse comme s’il s’agissait d’un bol de craft : « Alors comme ça on baratine, tite carne ?! je voudrais bien savoir comment tu peux savoir ça alors que les seules personnes qui groupent avec toi sont celles que tu menaces !!! »
Chieuse qui fait mine de faire un « perfore artère » avec ses doigts : « Nous les Kobis furtifs, on voit tout, sale compressée sans barbe ! Et personne ne nous voit si nous ne le souhaitons pas !!! Je ne compte plus le nombre de fois où un groupe s’est fait ramasser par la faute d’une andouille de Guérisseur qui ensuite donnait des explications à mettre un Sylvain en fleur !!! »
Halaguena sur la défensive : « Et alors !? Ca arrive à tout le monde de faire des erreurs, on est pas infaillibles !!! »
Chieuse prenant l’air narquois : « Ah là tu prêches une convaincue, sœurette… Le problème avec vous c’est que quand vous merdez, les conséquences sont bien visibles ! »
Halaguena piquée : « C’est vrai que nos échecs se soldent pas des morts… C’est bien pour ça que c’est si difficile d’être Guérisseuse, virus bleu !!! Psychologiquement c’est très dur de rezzer un compagnon que l’on a pas pu sauver ! Tu n’as pas d’amis donc tu ne peux pas comprendre ça mais… »
Chieuse affichant un sourire carnassier : « J’ai des amis, la difforme ! Mais ils savent se défendre et n’ont pas besoin de vous pour s’en sortir heureusement ! Par contre c’est vrai que ça doit pas être facile psychologiquement… »
Halaguena coupant Chieuse pour reprendre l’initative : « C’est horrible… »
Chieuse sans pitié : « …de savoir qu’il y a des macchabées partout et que c’est VOTRE faute et qu’en plus VOUS mentez ensuite au lieu de l’avouer paske vous êtes des gros BARATINEURS !!! OOOUUUAAAAIIIIISSSS PARFAITEMENT !!! »
Halaguena qui perd pied : « Mais non voyons… On fait tout ce qu’on peut pour… »
Chieuse qui ne lâche jamais sa proie : « TARTUFE !!! PHARISIENNE !!! Des fois, vous chiez dans la colle mais comme vous êtes derrière bien planqués, les autres voient rien ! Enfin ils voient vraiment plus rien quand ils ont la gueule en vrac paske vous avez merdé !!! Et là vous dîtes quoi ? Hein ? »
Halaguena assommée : « Ben on s’excuse… »
Chieuse sarcastique : « Exactement !!! « Oh pardon ! T’es mort ? Oh ben mince alors je m’en veux tant… ». Et l’autre il demande pourquoi il est mort !!! Gentiment en plus des fois qu’en t’engueulant en plus tu te la joues Princesse vexée et que tu ne le ressuscites pas !!! »
Halaguena anéantie : « Mais je le rezz toujours… »
Chieuse portant l’estocade : « Mais c’est PAS CA le problème !!! C’EST QUAND TU BARATINE POUR CAUTIONNER TA CONNERIE !!! »
Halaguena agacée : « je ne baratine pas… J’explique… »
Chieuse beuglant comme une démente : « MENTEUSEMENTEUSEMENTEUSE !!! Combien de fois tu as fait le coup du « lag malheureux » alors que tu avais essayé d’écraser ta clope mais que tu avais raté le cendrier et que tu tapotais partout pour éviter de mettre le feu à la baraque au lieu de faire ton travail de Guérisseuse, hein ?! »
Halaguena bien ennuyée : « Mais c’est HYPER RARE ! »
Chieuse calmée : « Oui peut être. Mais tu mentais ! Et t’apprends pas vu que tu fûmes toujours en jouant… Le pire c’est ce que te dis la victime une fois que tu as balancé ton mensonge, la fourbe !!! Vas y ! Il dit quoi ?! »
Halaguena minable : « Il dit… « Bah pas grave, ça arrive ! » »
Chieuse calmée : « Exactement ! Alors qu’il vient de perdre une demi heure d’XP à cause d’une tanche de Guérisseuse baratineuse qui non contente de l’avoir fait tuer le prend pour un imbécile ! Z’ont bon dos les lags… Surtout que l’exemple de la clope est marginal ! Ta pire pathologie c’est ta grande gueule !!! T’es toujours en train de dialoguer avec la terre entière au lieu de faire simplement ton Job !!! En plus tu es tellement comédienne qu’à la fin c’est même la victime qui te plaint… »
Halaguena suppliante : « J’arrive pas à m’en empêcher… »
Chieuse très froide : « Ben va falloir ! C’est vrai que ta Classe est puissante et c’est encore plus vrai que les gens comptent sur toi. Si tu veux être une Guérisseuse respectée mais surtout respectable, tu dois être à ce que tu fais et rien d’autre ! »
Halasparta intervenant malgré sa retenue naturelle : « La p’tiote a raison. Au moins elle, si elle fait des conneries, elle ne met pas les autres dans l’embarras. Toi, il y a des conséquences sur tes amis. Et en plus parfois tu n’es pas honnête. Tu peux rater un sauvetage mais pas négliger ton groupe et ensuite lui mentir, c’est déloyal ! »
Halaguena calmée mais secouée : « Vous avez raison… Une bonne Guérisseuse doit assumer ses échecs. Je serai dorénavant toujours concentrée sur mon groupe lorsque je combattrai, ça évitera la tentation de travestir la vérité si les choses tournent mal par ma faute. Ca va comme ça ? »
Chieuse pittbullesque : « Nan j’ai pas fini ! Ca règle un problème mais il en reste un autre ! »
Halaguena pas très l’aise : « Vas y… »
Chieuse glaciale : « PLUS JAMAIS tu ne joueras mal pour te venger ! Déjà que c’est plutôt ta nature profonde de ne pas assurer un caramel, t’as pas à en rajouter !!! »
Halaguena la tête dans les mains : « Je n’ai fait ça qu’une seule fois… »
Chieuse les doigts tendus en signe d’accablement : « DEUX FOIS, baratineuse !!! Tu vois comment t’es… alors que tu venais juste de promettre de jouer franc-jeux en plus !!! »
Halaguena scandalisée : « Mais merde on m’avait insultée !!! Je vais quand même pas me laisser traîner dans la boue sans réagir ! »
Chieuse conciliante : « Non c’est vrai ! Mais tu n’as pas le droit de te venger PENDANT un combat ! Explique toi APRES ! Si tu laisses l’abruti mourir sciemment, tu prends le risque de fragiliser ton groupe et de faire tuer aussi les autres membres qui n’y sont pour rien ! Et cette logique minable te rend comparable à un chirurgien qui opère son contrôleur fiscale et le laisse crever parce qu’il l’a redressé ! En combat, tu soignes et tu assistes ton groupe sinon tu te parjures !!! Ensuite, tu règles tes comptes si tu en as le courage… » 
Halaguena les dents serrées : « Tu es dure… Ca n’est qu’un jeu après tout… »
Chieuse avec une gravité inattendue : « Pour toi oui… Mais pour certains c’est plus que ça alors par respect pour eux, si tu joues, tu le fais à fond ! En plus, toi qui te targues d’être une Rôliste, tu en profiteras pour te montrer meilleure que tu ne l’as jamais été IRL. Et que tu ne le seras jamais d’ailleurs… Pour ce qui est des coups tordus, la fonction est déjà prise par moi,  ma vieille, et je ne suis pas décidée à te la céder alors assume toi ! Halsparta c’est la pureté, toi la bonté et moi le coté obscur. Soit tu te fais à cette idée, soit tu laisses la place. »
Halaguena rendant les armes : « Je préfère quand tu es immature et volage, Chieuse… Mais tu gagnes le match. Je ferai dorénavant tout ce qu’il faut pour garder mes compagnons en vie, je n’usurperai plus mes talents pour me venger et j’assumerai les morts éventuels sans travestir la vérité »
Chieuse pas conciliante du tout : « Fort bien. Sache pourtant que SI tu osais encore te comporter comme une sale gamine capricieuse à l’avenir, NOUS les « rerolls », nous saurons que TOI la « main », tu as rompu ton engagement. Et tu resteras inactive à crafter pour nous jusqu’à la fin des temps puisque tu n’est pas capable d’être la Guérisseuse que tu as mis trois textes à décrire… »
Halasparta pragmatique : « Ca veut dire que NOUS on jouera plus souvent alors !? »
Chieuse avec un grand sourire : « Ouais !!! De toute façon c’est presque un service qu’on lui rend ! Elle est bien meilleure rédactrice que Guérisseuse, tu sais… »
Halasparta amusée : « T’es gonflée des fois, Chieuse ! T’es une vraie ruine comme Assassin !!! »
Chieuse définitive : « C’est vrai… Je ne dis pas le contraire et c’est probablement toi la meilleure de nous trois finalement… Mais ma différence principale avec Halaguena c’est que MOI je suis assez lucide pour le reconnaître ! »

Fiche technique du Guérisseur de Midgard

Profil du Guérisseur : les nombreux joueurs ayant un « main » pour Guérisseur qui ont eu la gentillesse de répondre à mes questions avaient (presque) tous trois points communs : une grande gentillesse, un calme Olympien et une certaine forme de timidité.
Peu d’entre eux sont des Leaders de premier plan et ce sont le plus souvent des compagnons pleins de retenue mais dont l’avis est respecté lorsqu’ils se donnent la peine de le donner.
Toujours à l’écoute des autres, ils deviennent rapidement au sein des Guildes une sorte de pivot incontournable auprès desquels les nouveaux membres aiment se référer.
De là à balancer que le poncif selon lequel « on a plus facilement confiance en son médecin de famille qu’en un militaire pleins de morgue » est applicable à DaoC, il n’y a qu’un pas.
Que je franchis allègrement…

Caractéristique principale : l’abnégation.
Le Guérisseur joue POUR les autres.
Si la simple satisfaction d’avoir su conserver son groupe en vie n’est pas une gloire suffisante à ses yeux, il s’est simplement trompé de carrière.

Caractéristique secondaire : la lucidité.
Le Guérisseur se doit d’être honnête avec son groupe en les éclairant sur ses faiblesses.
Tout « couteau-Suisse » qu’il est, il ne peut assumer seul tous les aspects périphériques d’un combat par suffisance ou passivité.

Caractéristique tertiaire : la confiance.
Le Guérisseur est convaincu que son groupe l’assistera efficacement en toute occasion sinon il prend le risque de « diluer » ses compétences pour assumer sa propre survie et fragiliser ainsi son efficacité.

Pathologie principale : la pression.
Rien à voir malheureusement avec la boisson de prédilection des Mids…
Au risque de faire grincer les dents des « non-Guérisseurs », je réaffirme – quitte à paraître encore plus bornée qu’à mon habitude – qu’il s’agit du rôle le plus épuisant à vivre toutes Classes confondues.

Pathologie secondaire : la lassitude.
Constamment assister les copains – fussent ils charmants et enthousiastes dans leurs démonstrations amicales – débouchera probablement sur un constat d’insatisfaction lorsque le Guérisseur parviendra au niveau 35. Trop grand pour les Vaux, trop petit pour le RvR, il rempile pour 5 niveaux minimums de pexxe intensif et barbant avant qu’on ne le « sorte » à nouveau pour aller en « vrai RvR ». Il est souhaitable qu’à cet instant charnière, le Guérisseur se lance dans un « reroll » si ça n’était pas encore fait pour varier ses soirées DaoC.

Pathologie tertiaire : la « Melonite ».
Certain Guérisseurs passent allègrement de la retenue timide à l’euphorie excessive lorsqu’ils prennent conscience de la facilité à grouper qu’ils peuvent avoir. Ils mélangent alors les rôles en oubliant qu’ils sont au service de leurs amis et pas l’inverse. Cette période – qualifiée subtilement de « melonite » - transformera le Guérisseur en merdeux imbuvable à qui tout est dû. Une bonne paire de taloches dans la face couplée à la mise en place d’une réputation de foireux prétentieux devrait ramener l’égaré à des considérations plus nuancées. Ou au pire à le faire reroller…

Meilleur ami : Les « gardes du corps », Guerriers et Thanes spé Bouclier, ainsi que les Assassins « protecteurs » qui rôdent salutairement autour des Classes de soutien

Pire ennemi : Les « casters de zone » maladroits qui brisent ses mezzs (et pas que ses mezzs d’ailleurs…), les Assassins résistants comme des gaufrettes mais fous du CàC qui pompent ses soins plus sûrement qu’une vétérante du Bois de Boulogne et les classes à « Pet » trop libéraux qui laissent leurs bestiaux aggro tout un donjon :

Le petit plus : « purity of Mind » ou POM fait du Guérisseur le grand copain de tous les utilisateurs de Mana
NB : préparez vous quand même psychologiquement à n’avoir jamais un POM assez puissant pour les quémandeurs de toutes sortes, fut il au niveau maximum (« C’est ça POM 5 ? Bon je le garde quand même mais faut être bien con pour avoir gâché autant de points de compétence pour un résultat aussi minable si tu veux mon avis… »)

L’incontournable : la Macro « urgence » permettant de réveiller les copains en cas de danger resté inaperçu (genre « AGGGRRROOO !!! PEUX PLUS HEEAAAL !!! » en mode « yell ») qui fera sursauter jusqu’au compagnon le plus dur de la feuille

Remarque : Au risque de faire sourire cyniquement, j’ai souvent constaté que les Guérisseurs avaient beaucoup de points communs comportementaux avec certains Chasseurs, Prêtres de Hel ou plus récemment Bogdars avec lesquels j’ai eu la chance de grouper.
Après discussion, je me suis aperçue que certains d’entre eux étaient des Guérisseurs déçus (pour ne pas dire dégouttés) qui s’étaient orientés sur ces carrières qui permettent de soloter suite à des expériences malheureuses.
Pragmatiquement, il est franchement dommage pour Midgard qui manque cruellement de Classes de soutien, de constater que la sensibilité de certains est tellement mise à mal par des gougnafiers ou des imbéciles qu’ils en viennent finalement à fuir les groupes alors que leur instinct premier les avait poussés à les servir.

Conclusion :
Devenir Guérisseur, c’est dur !
Le rester plus encore…

Alors au détours d’une soirée particulièrement réussie, lorsque tout le monde se félicite de l’issue de la bataille assis sur les corps immobiles des ennemis vaincus, interrompez brièvement le décompte de vos « kills » et fendez-vous d’un petit « Bravo les Heals ! ».

C’est pas grand chose.
Et c’est vite fait

Mais c’est suffisamment rare pour mettre du baume au cœur à ses forçats de l’ombre plus habitués à se faire bâcher LA fois ou ça dérape mais jamais féliciter toutes LES fois où ils ont impeccablement fait leur travail dans l’indifférence générale

(retire sa coquille de Caliméro, remet son casque de guerre en maille et part assister un groupe de Boulets qui ne la mérite probablement  pas mais a l’indiscutable courage de la supporter au propre comme au figuré…)