Analyse subjective des classes de Midgard : Le Guérisseur

Introduction :
Voilà bientôt six mois que l’aventure DaoC a commencé pour moi.
Six mois durant lesquels j’ai dispensé des textes d’ambiance n’ayant pour but premier que de faire sourire mes compagnons de route et prenant toujours garde de me tenir à l’écart des débats techniques.
Si aujourd’hui je me lance dans un exercice aussi périlleux qu’une étude de classe, c’est en conservant rigoureusement la même logique de base : amuser.

Ce qui suit n’est pas un « Guérisseur : mode d’emploi » ou « Halaguena révèle enfin ses secrets pour faire de toi LE Guérisseur qui roxxe tout ».
Non pas que je n’en aurai pas  envie mais simplement que j’en serai bien incapable, je le rappelle une fois de plus très humblement…

J’espère que les quelques éléments très factuels que je saupoudre ça et là seront utiles à un apprenti Guérisseur mais souvenez-vous que la plupart des chapitres ne reposent finalement que sur un jugement partisan et discutable : le miens

PS : je fais une entorse à la règle absolu que je m’étais fixée de ne jamais citer de joueur dans les Chroniques pour des raisons personnelles sans objet à développer ici.

Je dédie ces nouveaux textes consacrés à la classe des Guérisseurs au meilleur d’entre eux : le vieux nain borgne Homéopatix.

Sans sa gentillesse et son avis éclairé, j’aurai abandonné Halaguena depuis belle lurette et vu que celui qui demeure mon Maître à penser prend sa retraite, je me devais de lui rendre hommage.
C’est bien peu en comparaison de tout ce qu’il m’a apportée et je le déplore…
Ceux qui le connaissent se joindront probablement à moi dans la démarche, les autres ne pourront que regretter de ne pas avoir croisé ce monument d’humilité intelligente.
Encore merci Messire Homéo et que les Dieux vous accompagnent partout où vous irez car vous le méritez…

1) Guérisseur, qui es-tu ?
Sur ce point au moins, je peux répondre sans crainte de me gaufrer pitoyablement puisque le Guérisseur est une classe réservée a simplement deux races Migardiennes : le Nain et le Viking (Heu.. j’ai bon là hein ?!).

Avant même de rentrer dans des considérations liées au potentiel de tel ou tel race, je conseille fermement à l’apprenti guérisseur de faire son choix simplement à la « gueule du client », j’entends pas là le look de son avatar.

Quoi de pire que d’investir des centaines d’heures de jeu sur un perso qu’on trouve sois même tout nase et risible ?

A titre de comparaison, j’ai très longtemps hésité à reroller un Valkyn.
Je trouvais la race moche, la démarche idiote le background avancé par les concepteurs carrément tarte.
Hors un soir sur Béryl, j’ai été époustouflée par la prestation d’un prêtre de Bogdar Valkyn en RvR (sachant en plus que j’étais en phase aiguë de rerollite aggravée) et je me suis décidée à tester cet espèce de chien mouillé tout bancal.

Clair que j’aurai pu choisir une autre race, me direz-vous ?!
C’est très vrai mais je pensais en repensant à l’exemplaire joueur qui m’avait motivée que le Valkyn était LA classe du Bogdar si je voulais moi aussi tout roxxer sur mon passage

Pour une fois que je pensais rendement et efficacité, j’aurai du éviter de forcer ma nature jusque là focalisée sur le « fun »…
Surtout que c’est pas paske trucmuche assure que je vais moi aussi tout déchirer.

Prenez une petite mocheté vraiment toute vilaine plus large que haute et qui se trimballe des panards tellement balaises qu’elle a renoncé à mettre des chaussures pour se rabattre sur les boîtes et sapez la astucieusement avec des frusques ultra sexy portés par l’égérie qui vous agréé et vous obtenez quoi ?
Un thon déguisée. 

Vous pouvez même faire retaper ses tiffes gras et fourchus par un Maître du ciseau ou la faire ravaler par the star of the maquillage, vous obtiendrez un pôv truc maquillé comme une voiture volée avec un poil sur le caillou tout les kilomètres

Tout ça pour dire que l’envie ne suffit pas, il faut une base minimum.
Alors si EN PLUS la base fait défaut, autant choisir ce qui plait d’origine avant d’espérer que ça change par une opération de l’Othila du coin.

J’ai donc créé ma Bogdar Valkyn.
J’ai passé un long moment pour déterminer son aspect mais malgré tout - Par Odin ! - qu’elle était moche !!!
J’ai « monté » ma Bogdar jusqu’au level 15.
Facilement.
Mais elle était toujours aussi vilaine et ses déambulations pitoyables me faisaient vraiment de la peine.
C’était il y a 3 semaines.
Aujourd’hui, à chaque fois que je me connecte, je regarde ma galerie de personnages mais je ne peux m’empêcher de ricaner stupidement lorsque je clique sur ma Valkyn.

J’ai bien peur qu’elle reste laide et hirsute au niveau 15 jusqu’à ce que la pelade fasse tomber ses poils suiffeux et la transforme en pôv tite guenille pire encore…

Donc concernant votre Guérisseur, le choix doit être celui du cœur

Pour ce qui est du peuple nain, je déplore – comme tous mes frères – l’absence honteuse de barbe pour ma gentille Halaguena mais je me suis faite une raison.
Cette faute de goût est d’ailleurs la raison majeure pour laquelle Halaguena n’enlève que très rarement son casque : je ne veux pas afficher cette cruelle déficience qui ampute scandaleusement son réel potentiel de séduction.

Une naine sans barbe c’est comme un elfe sans oreilles ou un Highlander sans tutu : dommageable !

Concernant les Vikings, la plupart des Guérisseurs seront ironiquement des guérisseuses.
Peu probable que les joueurs derrière l’avatar soient en fait des joueuses mais j’ai longtemps planché sur cette curieuse constatation.

J’en suis arrivée - suite à un judicieux travail d’extrapolation (et quelques questions vicieuses aux intéressés…) - à la conclusion que le joueur masculin décidant d’embrasser la carrière de Viking Guérisseur était victime d’une forme de transfert inconscient et partait du principe qu’une guérisseuse était l’incarnation Daocienne de l’infirmière.
La loi universelle selon laquelle l’homme est fortement conditionné par sa libido aidant, il projette au travers de la sexy infirmière pixellisée son envie secrète d’être « pris en main » par cette douce (et probablement fort accorte) infirmière.
Surtout que les gentilles Vikings sont probablement les représentations féminines les plus réussies tous royaumes confondus (Arrêtez de couiner c’est MON texte à moi !!!).

Si ça c’est pas de la psycho de bazar, ça y ressemble terriblement je vous l’accorde (les pianos sont en supplément)

Bon allez !
Dans mon immense et devenue légendaire mansuétude, j’excuse les fans d’infirmières sexy pour leur passagère faiblesse…
Je les comprends même…
Le rude infirmier Viking aux mains calleuses et à la barbe drue ne donnerait pas tellement envie de tomber malade et les champs de batailles deviendraient des cimetières à Midgardiens refusant le retour du Walhalla tant qu’il n’est pas assuré par la belle Vik de leurs rêves…

Pour clore le chapitre du look, je me permets d’attirer votre attention sur un aspect à priori secondaire (voir risible) mais qui peut s’avérer parfois handicapant par la suite : la taille.

Un Guérisseur de petite taille – tel est le cas de Halaguena – comporte des avantages et des inconvénients qu’il est souhaitable d’appréhender au plus tôt.

Un petit Guérisseur est moins repérable.
Ca c’est génial.
Quel joie de se planquer sournoisement derrière une haie de Trolls concassant benoîtement les crânes d’œuf ennemis !?
D’autant qu’on peut rester bien au chaud en faisant son travail de soin en sélectionnant sereinement les membres de son groupe à épauler avec la mini map de groupe à l’abri de son guerrier spécialisé bouclier qui nous surveille avec l’intensité d’un père Corse accompagnant sa fille cadette à sa première (et dernière) Rave Party .
Certes, on risque d’être un chouilla repérable si notre attentif protecteur s’avère être un Kobold qui nous arrive au menton mais on ne peut pas tout avoir quand même…

Quel problème par contre pour un petit personnage lorsqu’il s’agit de sélectionner efficacement des cibles précises à immobiliser et que la seule chose de disponible pour notre curseur de souris s’avère être une ribambelle de paires de fesses pas vraiment optimisées « Weight Watcher »…

Ce soucis est fortement tempéré en RvR si tout le monde frappe tout le monde dans une  cacophonie joyeuse et absolue mais s’avère rapidement dommageable en donjon lorsque le Guérisseur aveuglé par les sus-cités postérieurs amis utilise sa touche de sélection automatique pour immobiliser salutairement un mob agressif mais ramène un nouveau monstre imprévu à la grande joie de ses compagnons déjà débordés.

On ne peut donc pas être petit et discret et grand et « aware au monde qui t’entoure » comme dirait le philosophique JCvD…

2) Guérisseur que fais-tu ?
Disposant de ses trente points de spécification réglementaires, le Guérisseur en devenir doit  considérer au mieux les trois caractéristiques majeures qui impactent la classe de façon majeure : la piété, la constitution et la dextérité.

La piété est au Guérisseur ce que l’essence est à la voiture : pas de mana, pas de sorts (et pas d’essence, pas de déplacement. Ah c’était clair ? Oh bon ben pardon alors…)

Derrière ce poncif (im)pitoyable se cache sournoisement une logique qui illustre la base même de notre sympathique soigneur puisque son intérêt au sein d’un groupe sera conditionnée par sa seule capacité à soutenir ses coéquipiers au travers de ses diverses interventions magiques.

Un tiers des points disponibles est le minimum légal que tout bon Guérisseur se doit d’allouer à la Piété (et les mauvais Guérisseurs aussi si possible d’ailleurs).

« Ben et la force alors ?! » s’exclame le newbie à la puissance de frappe IRL proche du  miraculeux accouplement entre Sim et Ally Mc Beal et qui voudrait bien palier ses carences au moins « in game ».

Et bien ces optimistes qui pensaient qu’un Guérisseur est un cogneur aussi habile à enlever un mal de crâne qu’à le donner à l’ennemi à coups de marteau risquent d’être déçus.
Le Guérisseur tape comme une quiche et à la cadence d’une tortue sous anti-dépresseurs.
Sauf exception mais n’anticipons pas…

Par contre, le Guérisseur partage une caractéristique primordiale de la tortue sus-citée : il encaisse !
En fait il se doit d’encaisser pour donner le temps aux copains d’arriver s’il ramasse des tapes sur le museau.
Heureusement, une excellente armure de maille et un petit bouclier – certes plus anecdotique qu’efficace mais bon… – contribuent positivement à garder en vie notre toubib préféré.
Donc si en plus un second tiers des points est alloué à sa constitution, la résistance et les points de vie du Guérisseur s’en trouveront salutairement améliorés.

Avouez qu’on garde plus facilement les autres en vie lorsqu’on l’est soit même…

Pour ce qui concerne la dextérité, elle conditionne la rapidité qu’à le Guérisseur à incanter.
Le tiers des points restant y sont les bienvenus pour permettre au healer en action de concilier efficacité et diligence dans ses interventions.

La vitesse des sorts, c’est un peu comme les duels de cow-boys :
A ma droite, le pistolero le plus doué du royaume, si précis qu’aucun insecte mâle n’est en mesure de se reproduire après l’avoir croisé, plus méchant qu’une teigne mutante et tirant au lance-roquette nucléaire comme personne.
A ma gauche, un truffon pathétique spécialisé seulement dans les fléchettes de Pub anglais mais rapide comme la propagation d’une rumeur de tricherie sur un Forum de MMORPG.

Vous visez le topo ?

Ben si le pistolero est systématiquement interrompu par le truffon qui le déconcentre avant chaque tentative de pulvérisation du nuisible en lui en balançant un dard bien pointu dans le gros orteil,  le petit rapide transformera les gros massacreur en pelote d’épingle sans coups férir.

En attendant les sorts « instantanés », à ne pas négliger donc.
 
Une fois la répartition de nos précieux 30 points effectuée, on se retrouve normalement avec un Guérisseur plus résistant dés lors qu’il est un Nain ou plus fort s’il s’agit d’un Viking.

Pour autant, le craft et les objets magiques de toutes natures aidant, la différence entre les deux races ira en s’atténuant à mesure que le personnage gagnera en niveaux (même si le nain restera par contre plus petit que le Viking…)

3) A grands pouvoirs, grandes responsabilités !
Je sais, ça n’est pas de moi…
Mais je pense que Stan Lee ne m’en voudra pas de l’avoir paraphrasé tant cette réplique devenue légendaire s’applique parfaitement au Guérisseur de Midgard.

La relation entre le Guérisseur et son groupe est assez comparable au syndrome de la poule et de l’œuf.
Le bon groupe protègera toujours son Guérisseur car il est le garant principal de sa survie.
Le mauvais groupe est garanti de ne pas survivre s’il n’a pas su protéger son Guérisseur.

Comme c’est simple lorsque c’est expliqué par Halaguena, hein les amis !

Le problème majeur est que cette vision des choses est malheureusement très réductrice et ne reflète en rien la réalité car…

Le bon groupe protégeant son Guérisseur mourra malgré tout son professionnalisme si le Guérisseur s’avère être une grosse tanche qui n’assure pas un caramel.

Je laisse à votre appréciation réfléchie le résultat impliquant un mauvais groupe soutenu par un mauvais Guérisseur

« Evidement que les gros nuls se font maxer, qu’ils soient Guérisseurs ou pas ! » s’exclame le lecteur abasourdi devant tant de crétinerie.
C’est vrai.
Mais pas complètement.

J’ai distingué à dessein le Guérisseur du Groupe et ça n’est pas anodin.

Voici LA phrase qui m’a longtemps fait hésiter à rédiger un texte focalisé sur les classes de personnage car elle va m’attirer les foudres de tous les joueurs n’incarnant pas une classe de soutient.

Allez !
Vu que j’ai commencé, autant finir !
Vous êtes prèts ?

(toute tremblante… Respire un bon coup et se lance…)

« Le Guérisseur sur Midgard est la classe de personnage la plus difficile à jouer !!! »

(évite les tomates et projectiles de toutes sortes qui menace sérieusement son intégrité physique et se bouche les oreilles un temps pour éviter que les huées hargneuses ne lui percent les tympans de façon irrémédiable)

C’est bon là ?
Z’êtes calmez, je peux m’expliquer ?

(Attends que les derniers exaltés aient les poches vides et deviennent aphones…)

Je disais donc que le Guérisseur sur Midgard est la classe de personnage la plus difficile à jouer (encore quelques derniers couinements dans le fond) car c’est aussi potentiellement la classe la plus puissante du royaume !

(se sauve en courant pour échapper à la meute qui se rue sur elle pour lui faire rendre gorge )

Prochain épisode : Le Guérisseur, un couteau Suisse qui s’apparente parfois à un couteau à beurre…